Scène 2 : Musique, Maelström !

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Re: Scène 2 : Musique, Maelström !

Message  Masika le 2014-05-28, 11:27 am

Passé le premier moment où je me demande si je n’ai pas commis une erreur en évoquant Hawkins, la suite confirme tout de même ce que je pressentais. Hawkins joue au plus fin et Shripnick n’est pas derrière sa filoche, plutôt mal faite d’ailleurs. J’hoche la tête sans prononcer un mot à l’évocation des similitudes entre l’affaire présente et celle de Parker.
 
Tic-tac. 

Shripnick commence ensuite à pisser autour de moi pour marquer son territoire. Logique. Une petite mise au point en forme de diatribe contre tout ce qu’il déteste, ou, autre façon de le dire, ce qu’il pense de moi. Il termine sur une interrogation qui n’en est pas vraiment une, mais il faut sacrifier au rituel de la communication entre le coq et ceux qui font partie de son poulailler…
 
- Je pense que c’est assez clair, Capitaine. 

Pause.
 
Tic-tac. 

- Capitaine, je souhaiterai rencontrer Parker. Sans votre appui, je sais que ça risque de prendre du temps de paperasse, et du temps, nous en avons peu… Peut-être que ça ne donnera rien, mais on ne peut pas nier le rapprochement entre les crimes de Parker et le meurtre sauvage de Me Miller-Ruiz. 

Tic-tac. 

Quelle que soit la réponse et si Shripnick ne souhaite pas aborder d’autres points, je quitte son bureau pour me rendre chez le juge Ruiz ou au bureau de W. T Miller.
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Re: Scène 2 : Musique, Maelström !

Message  Faust le 2014-05-29, 5:14 pm

Le Capitaine te répond du tic au tac, un léger (très léger) sourire déformant sa plastique lisse de terminator :
- Déjà fait, Fiston, te dit-il en te tendant un papier avec un numéro de téléphone griffonné à la va-vite : Ils savent que tu vas passer. Faut juste les prévenir avant, pour qu'ils le "préparent"..., dit-il avec une énigmatique expression sur son visage de sphinx.

Il continue de te regarder en s'enfonçant dans son siège de bureau, tournant légèrement à droite et à gauche, avant de rajouter :
- Qu'est-ce que tu fais encore là, Détective ? Tu n'es pas censé arrêter le méchant ?...Allez, dégages, et ramènes-moi des résultats., te dit-il en t'indiquant vaguement la porte, et en replongeant le nez dans le rapport qu'il était en train de lire.

Tu redescends donc pour récupérer ta voiture. Qui n'est pas seule. Mais accompagnée de la masse d'Hawkins qui est appuyé dessus. Il te regarde avec un air sombre, avant de te lâcher :
- Faut qu'on cause, Dane...

Puis, avant que tu ais le temps de dire non, il te mets une main sur l'épaule :
- J'pourrais balancer les vingt-cinq infractions de ton partenaire au code de la route avec la caisse de ton paternel. J'pourrais fouiner et trouver pourquoi tu commences ton enquête par cet hôtel à baise de flic. Et j'te rappelle que je suis encore ton supérieur. Bref, je pourrais faire de ta vie un enfer.

Puis il a une expression plus sombre, et un peu abattue :
- Parker et moi, ça remonte à loin. J'me doute que tu vas aller lui rendre visite à un moment ou un autre. Et si cet enfoiré y est pour quelque chose, je veux qu'il tombe. Tant pis pour la casse. Tu m'suis ?

Suite à sa tirade, il te fixe une seconde pour bien faire passer le message, puis ajoute :
- C'est pas moi ton ennemi, petit. Ok, c'est toi, le p'tit con arriviste, qui a eut l'affaire. Mais crois-moi, t'as p'tet des couilles et de la ruse, mais t'es pas de taille avec un gars dans le genre de Shawn. Alors je vais te coacher : j'ai été son partenaire pendant des années. Et pourtant j'ai rien vu venir. Ce type est le meilleur menteur que je connaisse, et j'ai vu de quoi il était capable. The Beast, c'est pas juste un surnom déco. C'est vraiment un putain d'monstre. Alors sois prudent, et quoi qu'il arrive...Le laisse pas mener le jeu ou rentrer dans ta tête. Lui faire cracher ce qu'il sait va pas être facile. Parles lui de Maria. Avec un peu d'chance ça l'fera réagir, et commettre une erreur.

Il te tapote l'épaule en ajoutant :
- Nous déçois pas, Dane. Je sais que malgré ton côté connard, t'as vraiment envie d'être un COP. Alors prouves que t'en es digne.

Puis, suite à un commentaire éventuel de ta part, il s'en va d'un pas lourd.

Déjà 17h15. Tu parcoures la ville en direction de Bel-Air, la résidence de Ruiz père. La chaleur des latitudes de L.A et des pots d'échappements donne juste en vie de fermer les fenêtres et de mettre la Clim. Ton téléphone sonne. Kato :
- Yo, partenaire. Bon, on a rien trouver sur les registres. Ton type a pas dû mettre les pieds dans cet hôtel. Heureusement que j'avais le décodeur avec moi, y a pas un type ici qui s'enregistre avec son vrai nom...Bon, c'est quoi la suite ?

Quelle que soit ta réponse, tu finis par arriver devant la résidence d'Alfonzo Ruiz. Tu t'annonces, le portail s'ouvre sur une résidence qui n'a pratiquement rien à envier à celle de ton paternel. Tu te gares et pénètres dans l'antre du Juge.

A la porte, un domestique t'ouvres. Comme quoi, même quand on est issu d'une minorité, il y a des habitudes sociales qui sont immuables. Il te demande de rentrer, et t'amènes jusqu'à son Maître. La décoration est à la fois classique et ethnique latino, mélange étrange qui a fait la gloire de Los Angeles.

A croire que chaque fois que tu pénètres dans un bureau, tu as droit à une surprise. Là ça en est une plutôt bonne :

William.T.Miller. Avocat international chez Kirkland & Ellis LLP, carriériste et homme d'affaire, et accessoirement maintenant veuf.

Et, bien évidemment, Alfonzo "Hammer" RUIZ :


Le juge t'observe. Visiblement très affecté. C'est Miller qui vient à ta rencontre :
- Détective Dane. Je suis William Miller, le mari de Gina. Je s...

Alphonzo lui jette un regard noir :
- Il sait qui tu es, Will. Et il sait aussi que tu t'apprêtais justement à nous laisser. Vas donc prendre un whisky dans le salon.

Est-ce le charisme du bonhomme ou son ton de menace implicite, mais celui-ci s'exécute, en disant comme pour se donner une contenance :
- Je...Vous laisse discuter. Je serais dans le salon.

Une fois éclipsé, Alfonzo reprend une gorgée de brandy, tire sur son cubain, et annonce en pointant le cigare vers la porte :
- Ce type est la pire enflure que je connaisse. Je ne sais pas ce que ma fille lui trouvait...Un imbécile imbu de sa personne et arrogant. Regardez-le. Il aurait fait la même tête s'il avait perdu son chien ou une de ses affaires...Quoique je suis sûr qu'il aurait été plus affecté s'il avait perdu une affaire.

Il te regarde encore quelques secondes dans le silence en tirant sur son cigare :
- Asseyez-vous, Détective. Etant donné que je vous faisais sauter sur mes genoux lorsque vous étiez enfant, tu ne t'offusquera pas si je te tutoie et que je t'appelle Matthew ?

Quelle que soit ta réponse, il enchaîne ensuite :
- Bien, Matt. Je suis content que tu aies pris quelques minutes pour venir me voir. Pourquoi crois-tu que je t'ai invité ici ?
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Re: Scène 2 : Musique, Maelström !

Message  Masika le 2014-05-30, 6:00 pm

Je quitte le bureau et son infâme horloge sans demander mon reste. J'en viendrai presque à estimer que je m’en sors à bon compte. Descente des 35 étages du building pour tomber sur l’un des personnes auxquelles je m’attends le moins. D’abord sur la défensive, lorsque l’idée que mon temps de descente a été suffisant pour que Shripnik passe son savon à Hawkins, il me faut veiller à garder un visage neutre et ne pas afficher ma surprise devant le déballage auquel se livre le lieutenant. J’ai presque une pointe de remord devant l’info que je viens de lâcher à Shripnik.
 
J’hoche la tête à l’adresse du lieutenant en même temps qu’arrivent les informations sur Parker. J’hésite un court instant, en me demandant si Hawkins ne me fait pas un coup tordu, mais fini par répondre en espérant que la réputation de type qui n’y passe pas par quatre chemins du lieutenant m’assure qu’il ne m’embobine pas :
 
- Je sais ce que les gens pensent de moi, lieutenant. Je sais pourquoi j’ai fini dans la rue. Mais, je me fous de ce que les gens, les médias, vous ou le capitaine pensez de moi pour être honnête. Croyez-le ou non, je veux juste retrouver le meurtrier de Me Miller-Ruiz. Pas pour moi, pas pour vous, pas pour mon oncle ou son père. Juste pour elle et pour éviter à une autre fille de finir comme ça.
 
Je fixe mon regard dans celui de Hawkins, sans défi mais par détermination :
 
-Je vous remercie pour Parker. J’ai lu le dossier du P.A.R.D. Pour être franc, tout cela m’a semblé un bon gros tas de psychologie de bazar pour étudiants qui se tripotent le soir sur les meurtriers en série. Je retiens votre conseil sur le levier que pourrait constituer Me Brennan et j’essaierai de mener le jeu. Même si j’ai conscience qu’un être comme Parker doit croquer des minets dans mon genre au petit-déjeuner. Si vous aviez plus d’éléments sur la disparition de Me Brennan, ça me serait utile.
 
J’ai un sourire un peu triste, puis vais pour partir mais fini par héler Hawkins en me retournant :
 
-  Lieutenant, je pense que vous avez passé une agréable journée avec votre petite amie à la plage, non ?  Le capitaine avait l’air de se soucier de savoir ce que vous faisiez de vos journées de repos…
 
Nouveau sourire sans saveur avant de m’engouffrer dans la BMW et de démarrer pour le domicile de Juge Ruiz.
 
Coup de téléphone sur la route. Mon petit nem.
 
- Encore une tâche valorisante, lui dis-je avec une ironie sauce aigre-douce. Le neveu de « la Main » dit avoir vu un clodo rôder autour de Me Miller-Ruiz la nuit de son enlèvement. Essaies de me faire le tour de la communauté des sans-abris voir si ça donne quelque chose de ce côté-là.
 
Sentant le dépit transformé mon petit nem en pâté impérial, j’ajoute avec un petit rire amusé et un brin chambreur :
 
- Hey, partner, c’est le prix à payer pour lever des poules en Lamborghini…
 
Bel-Air. Je passe le portail de la résidence des Ruiz en me disant que tous les latinos de LA ne vivent pas forcément dans la misère. Ma rencontre avec William T. Miller dans le bureau du juge tient autant de la bonne nouvelle que de la déconvenue. Bonne nouvelle car je n’aurai pas à le chercher. Déconvenue car je regrette instantanément de ne pas avoir fait cocu ce trou de balle qui respire la suffisance. Je réponds d’un simple : « M. Miller » à sa tentative avortée de présentation avant de le suivre du regard tandis qu’il quitte la pièce.
 
Je fais ensuite face au Juge « Hammer » Ruiz. Hammer to fall, en l’occurrence. Sur la gueule de Miller, mais ça ne va sûrement pas déclencher une crise de larmes de ma part.
Je souris comme pour un accord implicite à la demande de tutoiement. De toute façon, Ruiz se fout vraisemblablement que je lui accorde ou non ma bénédiction.
 
Droit au but. Fidèle à sa réputation, le juge attaque son interlocuteur en face à face. Sauf que l’interlocuteur, ce coup-ci, c’est moi. Je cligne une fois les yeux le temps de réfléchir à ma réponse avant de me lancer :
 
- Je dirai que vous m’avez fait venir pour me rappeler que je ne peux pas me planter sur cette affaire. Peut-être même pour me demander de vous dire quel est le salaud qui a fait ça à votre enfant avant que je ne l'arrête "officiellement". Vous avez aussi sûrement quelques informations et soupçons dont vous voulez me faire part sur l’assassinat de Gina. Enfin, me faire savoir que résoudre cette enquête pourrait me faciliter bien des choses pour la suite de ma carrière. Tout comme échouer aurait l’effet strictement inverse.
 
J’observe le juge avec une certaine candeur, pas provocatrice mais au contraire pour mettre en avant une certaine forme de connivence.
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Re: Scène 2 : Musique, Maelström !

Message  Faust le 2014-05-31, 4:21 pm

Un peu plus tôt devant le bâtiment du LAPD :

Avant que tu ne décides de laisser ton colosse de Lieutenant partir, il répond à ta question implicite :
- Y a un rapport sur la mort de Maria. Ce qui n'est pas marqué là-dedans, c'est que Shawn et elle étaient amoureux. Enfin, en tout cas il donnait l'impression d'l'être. Après le début de son pétage de pile, j'me suis toujours demandé si c'était pas lui qui l'avait tué, finalement. C'était une sous-marin. Infiltrée chez les Irlandais. Elle surveillait les connexions avec l'IRA véritable pour les coincer pendant une transaction et remonter la filière. Mais à la place elle a fini en plusieurs morceaux, éparpillée à la tronçonneuse dans un container du port avec une inscription "COPS" sur le front. Sale mort. Évidemment on a toujours pensé que c'était les Irlandais. Mais ces enfoirés ont toujours niés, et j'ai eut la confirmation d'un des Boss que ça venait pas d'eux, même s'il lui auraient sûrement fait pire. J'ai toujours cru qu'c'était ça qu'avait rendu Shawn timbré, à force de chercher une explication. Mais honnêtement maintenant, j'suis plus sûr de rien...

Avant de partir, il écoute ta phrase, plisse les yeux une seconde, puis te sert une expression de gros dur :
- J'étais flic avant qu'tu portes des couches, gamin. T'inquiètes pas pour moi...finit-il avec un sourire qui en dit long sur son expérience à dealer avec ce genre de petits déboires : ...Mais merci du tuyau, Kid. J'oublierais pas.



Coup de téléphone avec le Nem
Kato te répond en soupirant :
- Ok, ok, des clodos...J'm'occupe de ça. Mais faudra vraiment qu'tu m'expliques tout ça, partenaire...
Il raccroche sur une note d'incompréhension désespérée.



Plus tard dans le bureau d'Alfonzo Hammer RUIZ

Un sourire fatigué élargit la moustache du vieux juge :
- Tel que je t'imaginais, Matthew. Franc, direct, et droit..., dit-il en te regardant et en finissant son verre sur un ton mystérieux.

Il se lève et sert deux verres de brandy. Il t'en tend ensuite un en te proposant une place sur le fauteuil en face de son canapé, avant de poursuivre avec un ton presque chaleureux :
- Je ne pense pas que tu t'en souviennes, mais nous avions l'habitude de nous voir lorsque tu étais plus jeune. Je me souviens d'une fois où mon ainé, Miguel, se disputait avec Alicia. Miguel était un parfait abruti lorsqu'il était enfant, il faut bien l'admettre..., dit-il avec un léger sourire désabusé.

Il laisse une petite pause tout en te fixant, puis pointe son cigare vers toi en se rasseyant sur le canapé :
- Tu n'as pas hésité. Pas une seule seconde. Tu as senti une injustice, et tu as foncé tête baissée pour protéger ta sœur. Mon fils était bien plus costaud, mais tu lui es rentré dedans, et crois-moi quand je te dis qu'il n'a jamais oublié cette leçon de vie. L'injustice sera toujours punie.

Il t'observe, comme s'il te jaugeait :
- Je ne t'ai pas choisi au hasard, Matthew. Je t'ai choisi parce que malgré le fait que tu viennes d'un milieu pourri par l'argent, tu n'es pas comme eux. Ton oncle fait toujours des éloges sur ton compte. Tu as refusé une carrière politique. Tu as refusé l'argent et le pouvoir, et a fait tout ce que tu as pu pour être reconnu comme un défenseur de la justice. Et je respecte ça. Énormément.

Il boit une gorgée de Brandy, tire sur son cigare, puis reprend sur un ton calme, mais aussi froid qu'un Iceberg. Pourtant ses yeux sont pleins de peine et de rage :
- Je ne vais pas laisser celui qui a fait ça à ma fille s'en tirer avec un procès, et le risque qu'il puisse être acquitté ou enfermé. Non. Ce monstre devra mourir. Et je t'ai appelé toi, parce que tu as le sens de la justice. Et tu sais comme moi que certains salaud ne méritent pas un procès équitable. Je t'ai appelé toi pour être l'Ange de la justice. Son bras armé, qui n'hésitera pas à faire ce qu'il faudra quand il le faudra.

Un nuage grisâtre apparaît devant toi, et des paroles sortent du brouillard :
- Je pense que tu es fais pour diriger, petit. Que tu le veuilles ou non. Tu auras ta place parmi les grands du COPS, parce que tu es fais pour ça, j'en suis convaincu. Mais ta situation ne t'aide pas. Il te faut...Un petit coup de main. Comme tu l'as dis, je peux t'aider à obtenir ce que tu veux. Si tu m'aides à obtenir la justice. Pour Gina..., finit-il tandis que sa voix tremble, autant de tristesse que de haine pour le tueur de sa fille.

- Est-ce que tu es prêt à faire ça pour elle, Matt ? A être le bras de la justice ?...
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Re: Scène 2 : Musique, Maelström !

Message  Masika le 2014-06-04, 12:01 pm

Silencieusement, j’écoute avec attention la longue tirade du juge. Il faut vraiment que Ruiz soit victime d’une sombre colère pour accepter de me polir le gland comme il le fait. Je dois reconnaître qu’il le fait avec classe et maîtrise, mais ça reste une brillante démonstration de cirage de pompes dans le but d’obtenir un service.
 
Un gros service. Très gros.
 
Je prends une longue inspiration, embaumée par les effluves du cigare sur lequel le juge tire avec une avidité qui dénote la tension qui l’habite. L’utilisation de mon surnom est tout sauf anodin. Je ne peux qu’admirer la manière dont il m’a conduit dans une impasse. On n’arrive pas au niveau de responsabilité qui est le sien sans être aussi rusé qu’une hyène.
Je laisse le temps s’étirer entre ma réponse et l’interrogation directe de Ruiz, mais impossible de s’échapper.
 
- Je me souviens très bien de vos venues à la maison M. Ruiz. Et je me souviens très bien de l’altercation avec Miguel… Je crois néanmoins que la justice rendue ce jour-là m’a couté plusieurs heures à l’hôpital pour me faire recoudre l’arcade sourcilière… dis-je en touchant involontairement la zone concernée.
 
Un sourire énigmatique flotte sur mes traits à l’évocation de ce souvenir, mais je n’ai guère le loisir de me plonger dans une nostalgie dénuée de sens.
 
- M. Ruiz… Alfonzo. Vous n’avez pas besoin de me faire des promesses pour que je me charge de rendre justice à Gina. 

Pause calculée avant d’ajouter :
 
- A ma manière. 

Je lève mes yeux pour croiser le regard du juge, hésitant à en dire plus, mais j'opte finalement pour laisser à nouveau la main à mon ionterlocuteur.
 
Le juge est certainement l’un des rares alliés sur lequel je ne peux douter des motivations dans cette enquête, mais son jugement et son point de vue sont forcément altérés par la douleur qu’il traverse. Et son désir de vengeance est une arme à double tranchant.
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Re: Scène 2 : Musique, Maelström !

Message  Faust le 2014-06-04, 1:36 pm

Le juge t’observe quelques secondes, l’air fermé. Puis il avale son verre d’une traite, et se lève en te tournant le dos pour se diriger vers son bureau :
- Tant que ta manière implique la mort de celui qui a fait ça à la chair de ma chair, dit-il en revenant avec un dossier dont il étale le contenu sur la table basse en chêne noire entre vous deux : les photos de la scène de crime. Il les étale de ses doigts tremblants d’une rage contenue. Il te semble qu’il caresse les contours de la tête sans corps de sa fille, comme pour la toucher une dernière fois.
Après encore un silence, il te fixe d’un regard à la fois humide, suppliant et dur :
- Quel genre de monstre peut faire ça ?...dit-il sur un ton où perce presque un sanglot. Mais il se reprend vite, et rajoute :
- Il va continuer, Matthew. Et il ne s’arrêtera pas, pas avant que quelqu’un ne l’arrête. Définitivement. Tu sais très bien que ce genre de psychopathes n’est plus un être humain. C’est une bête enragée. Et comme tous les prédateurs enragés, il doit être abattu…, finit-il en plantant ses yeux noirs légèrement humides dans les tiens. Tu ne saurais dire à cet instant ce qui prédomine : la peine du père, la rage du juge ou la menace que ce grand homme fait subtilement peser au-dessus de ta tête, telle une épée de Damoclès invisible mais dont tu pourrais presque sentir le tranchant sur le haut de ton crâne.
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Re: Scène 2 : Musique, Maelström !

Message  Masika le 2014-06-06, 1:34 pm

Je vis un moment pénible. Ruiz me fait l’impression que malgré toute sa rage, il n’est rien d’autre qu’un rat prisonnier de sa cage. La cage mentale que le meurtre atroce de sa fille a construit dans son esprit. Même si j’avais la conviction que la mort de celui qui a fait ça à Gina pouvait soulager sa peine, ce dont je ne suis même pas convaincu, je n’ai aucun intérêt à répondre favorablement à sa demande.
 
A sa supplique d’ailleurs, ou à son ordre indirect ?
 
Je suis le tracé des doigts du juge sur les contours de la dépouille de sa fille prise en photo. *Un monstre*,me dis-je en pensant à son tortionnaire, il n’y a pas d’autres mots.
 
Je ne fuis pas le puits insondable du regard d’Alfonzo Ruiz lorsqu’il se pose sur moi. Non plus que la menace à peine voilée de ses paroles.
 
- Je vais l’empêcher de continuer. Et si cela passe par sa mort, ainsi soit-il.
 
Pressé de passer à un autre sujet, j’embraye sans laisser le temps au juge depousser plus loin le sujet :
 
- Mais pour que je puisse l’arrêter, je dois savoir la vérité. Je sais que Gina était la prunelle de vos yeux et vous connaissez la chanson. Avez-vous remarqué quoi que ce soit dans le comportement, la vie, les mots de Gina qui pourrait expliquer pourquoi le tueur s’en est pris ainsi à votre fille. Je ne pense pas, en fait j’en ai la certitude, que Gina ait été choisi au hasard. Celui qui a commis ce crime horrible a choisi Gina pour un motif spécifique. Et c’est ce motif qui me permettra de remonter jusqu’à lui. Je sais que vous avez de nombreux ennemis. Pensez-vous que l’un d’entre-eux serait capable d’une chose pareille pour vous atteindre ?

Je n’aime pas l’idée de ce que je sous-entends, car cela conduira inévitablement le juge à penser qu’il est à l’origine de la mort de son enfant, mais toute piste est bonne à prendre.
 
- Monsieur…, Alfonzo, si vous savez quoi que ce soit, je dois en être informé.
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Re: Scène 2 : Musique, Maelström !

Message  Faust le 2014-06-06, 4:36 pm

Le juge Ruiz ne dit rien, et laisse un silence complet planer pendant ton discours, tout en allant se chercher un autre verre, et une pile d’une bonne vingtaine de dossiers qu’il finit par mettre par-dessus les photos lorsque tu finis ta dernière question :
« Si ta question est de savoir si j’ai des ennemis…J’ai été Procureur avant de devenir juge Matthew. Pas vraiment le genre de carrière où l’on se fait des amis. Voilà la liste des suspects « envisageables ».  Mais aucun d’entre eux n’a a priori pu faire ça. A moins qu’ils soient passé par l’extérieur, ou revenu d’entre les morts… ».
Il semble te jauger en sirotant son brandy sec. Puis après trente secondes d’un long silence où il te laisse regarder tout ça, son ton se fait traînant, comme fatigué :
« Quant à ce que tu dois savoir…Avant tout, tout ce que je vais te révéler ici ne pourra pas être utilisé dans tes rapports, et je nierais de toute façon tout en bloc. Tu connais la musique, ton Oncle t’en a suffisamment appris le solfège je pense », dit-il avec l’ombre d’un sourire. Il semble plonger un moment dans ses pensées avant de commencer ses révélations : « Lorsque le COPS a été créé en 2027, ton Oncle et moi avons soutenu l’idée d’Andrew (Noone, le « créateur » du COPS). Nous sommes en quelque sorte le comité secret des mécènes de cette organisation. Et je ne le regrette pas une seconde », dit-il sur un ton presque nonchalant, avant de continuer : « Mais lorsqu’il y a deux ans l’affaire Parker a éclaté au grand jour, le « comité de décision restreint » a été consulté pour prendre une décision. Laisser la porte ouverte à toutes les conjectures, y compris les rumeurs d’espionnage de l’époque n’était pas possible. Alors nous lui avons fait porter le chapeau de tous ces meurtres. Ca corroborait bien la thèse du tueur fou. C’était la meilleure des pires décisions à prendre, et l’une des plus difficiles de ma vie. Il valait mieux un tueur isolé mais enfermé, qu’écouter le délire incohérent –ou pas- d’un flic aux tendances paranoïaques… Ça aurait été l’aveu de l’impuissance à retrouver le vrai tueur si c’était le cas, et ça signait l’arrêt direct des subventions du COPS qui venait d’ouvrir.»Il observe ta réaction, mais continue tout de même son récit avec un pli que tu reconnais : la culpabilité :
« Un des pires cas de conscience de ma carrière. J’ai eu beaucoup de mal à trancher. Ce gars était un des meilleurs flics, un des plus décorés en si peu de temps, et avec des tests de sang-froid qui faisaient rêver même les plus endurcis des vétérans. Méthodique, calme sous la pression, un sens du devoir irréprochable, il avait même tenu à passer au détecteur de mensonge tout de suite. Après l’indépendance, son dossier civil et professionnel était resté à New-York, ces enfoirés ne voulaient fournir aucun dossier sur les « traîtres à leur patrie » comme ils les appellent. Mais il avait toutes les qualités pour le programme COPS. Cent quarante-sept affaires en un an !...Cet enfoiré était doué, difficile de nier ça. Mais son histoire…Enfin, celle qu’il a raconté suite aux meurtres et qui a été effacée des rapports officiels, c’était qu’on l’avait piégé. On a d’abord cherché des preuves de ce coup monté. Mais chaque fois on trouvait de petits indices qui nous ramenaient de façon certaine à lui… Et il avait de plus en plus l’allure d’un suspect complètement fou, qui parlait de fin du monde, d’apocalypse et de cérémonies religieuses. Pas vraiment une bonne défense, vu le contexte de l’époque et tout l’afflux d’allumés qui envahissaient nos rues. »
Il finit son verre et le pose : « Les autres n’ont pas eu mes scrupules. Les doutes sur sa culpabilité étaient un maigre prix à payer pour la survie du seul service d'ordre qui n'avait pas les mains liées. Nous avons voté puis pris la décision de faire un marché avec Parker : il changeait sa défense, passait aux aveux, et de notre côté nous faisions en sorte de l’envoyer à l’asile plutôt qu’à la morgue. Il a accepté le deal…»
Le juge fixe encore une fois ses prunelles noires dans les tiennes. Remords, colère, doute, tu peux lire dans ces yeux toute une série d’émotions contradictoires, avant que celui-ci ne se durcisse et qu’il n’adopte un ton ferme et résolu : « Les meurtres ont cessés tout de suite après, démonstration évidente de sa culpabilité. Et depuis nous nous sommes débrouillés pour qu’il ne puisse parler à personne, et qu’il ne voit jamais l’extérieur de sa cellule capitonnée. Mais si par hasard l’impensable s’est produit, et qu’il y est pour quelque chose, ou pire, si il avait un complice durant toutes ces années…Alors tu devras faire la lumière sur tout ça et nous l'arrêterons, avant que le cauchemar ne recommence.»

L’expression du juge se fait sombre, et il te laisse la parole,  guettant ta réaction, et tes probables et nombreuses questions suite à toutes ces révélations.
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Re: Scène 2 : Musique, Maelström !

Message  Masika le 2014-06-11, 2:11 pm

A nouveau je me pose en auditeur silencieux. Je prends néanmoins ce coup-ci la liberté de m’allumer une cigarette tout en fixant le juge lors de ses révélations. Le déballage, pour dégueulasse qu’il soit dans le principe, n’est pas vraiment une exception. Parker a plongé pour calmer la population et enterrer une affaire que les huiles voulaient rapidement voir disparaître de leurs bureaux. Je repense aux paroles d'Hawkins sur Parker, et la mise en relief avec les paroles du juge est difficile à faire rentrer dans un ensemble cohérent. Pour réfractaire que j’y sois, la confrontation avec l’ancien partenaire de lieutenant devient désormais une nécessité. S’il a eu un partenaire, il n’y a aucun doute que le dossier Gina fera un bond en avant.
 
Je fixe un moment le regard d’Alfonzo Ruiz, digérant lentement la foule d’informations que je viens d’avaler.
 
- Si Parker a un complice, les membres de votre commission occulte devraient s’inquiéter pour leur descendance, dis-je avec un calme que je ne ressens pas vraiment. Intérieurement, j’espère fortement que Robert n’a pas été mêlé à ça, car à cette pensée vient se surexposer la teneur de l’appel que m’a adressé ma frangine.
 
J’écrase mon mégot de cigarette dans les cendres du cigare cubain qui gisent au fond du cendrier en céramique trônant sur son bureau.
 
- Il me faut la liste. Il manque néanmoins un élément à cette théorie. Si les meurtres se sont arrêtés lors de l’emprisonnement de Parker, pourquoi reprennent-ils maintenant ? J’ajoute après un court temps de réflexion. Je dois voir Parker. En dehors de ce que vous venez de me raconter, quels éléments avez-vous sur lui ?
 
Que j’en apprenne plus ou pas, je finis par me lever du confortable fauteuil dans lequel j’avais pris place.
 
- Alfonzo, je peux compter sur vous pour m’appuyer si je dois passer certaines frontières lors de cette enquête ? lancé-je avec une poignée de main tendue dans sa direction.
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Re: Scène 2 : Musique, Maelström !

Message  Faust le 2014-06-11, 2:46 pm

A ta phrase sur la menace planant sur les descendants de cette "commission occulte", Alfonzo ne répond rien, mais la douleur suivie de la dureté de son expression te fait savoir que tu viens de lui en balancer une bonne directement au visage : pour lui, cette menace -si ça en est une- a déjà été mise à exécution.

Il suit ensuite calmement ton raisonnement, puis répond à tes questions avec un froncement de sourcil :
- Je n'ai rien de beaucoup plus à te fournir que ce que tu as déjà pu apprendre dans son dossier. C'était le top niveau des COPS, une personnalité équilibrée, et un QI qui en faisait une arme puissante pour le service. Et visiblement, soit il a vraiment assassiné ses personnes et par un moyen ou un autre il recommence, soit comme il le prétendait, quelqu'un l'a piégé, ce qui expliquerait la reprise des meurtres...Soit il a toujours eut un complice dehors, qui vient de se réveiller...Mais dans tous les cas, je ne sais pas pourquoi..., dit-il en conclusion de son propre raisonnement.

Il t'observe. Apparemment, il a l'habitude des flics et de leurs raisonnements, puisqu'il ne met pas plus que quelques secondes à comprendre ce que tu as l'air de chercher :- Si c'est des moyens de le faire parler ou de lui faire faire un faux pas que tu cherches, je n'en ai pas. Je te l'ai dit, à part son délire de fin du monde que pourra te détailler le psychiatre qui s'occupe de lui, sinon ce type est un professionnel du mensonge, intelligent et torturé. Un vrai fils de pute de tueur en série, pour ce que j'en sais.

Lorsque tu décides de le quitter en lui demandant son soutien, sa moustache s'élargit dans le sourire féroce que tu as déjà vu chez d'autres hommes de pouvoir :
- No estoy Dios, Matthew, mais j'ai des gens bien placés dans mon carnet de rendez-vous. Et tu peux compter sur moi pour te couvrir de toute la force de mes relations..., finit-il en te serrant vigoureusement la main d'un air on ne peut plus sérieux. Tu peux sentir dans son regard la flamme d'un guerrier, et tu te dis qu'il n'est pas étranger à ce genre de méthodes peu orthodoxes, malgré son surnom médiatique de "Marteau de la justice".
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Re: Scène 2 : Musique, Maelström !

Message  Masika le 2014-06-17, 1:59 pm

Je saisis à mon tour la main du juge et lui rends sa poignée vigoureuse. J’ajoute tout en le saluant :
 
- J’espère ne pas avoir à solliciter votre aide, Alfonzo, mais je peux sentir que les ramifications de cette enquête sont bien plus complexes que ce qu’il n’y paraît. Et je subodore que certains individus n’ont pas forcément envie que l’on remue le passé. 

C’est sur cette sombre prédiction que je tourne les talons pour me diriger vers la sortie du bureau du juge Ruiz. Avec un poids en plus sur les épaules que lorsque j'y suis entré.
 
Passage par le patio pour y croiser la face de requin de William T. Miller. Le fait qu'il attende ici m'était sorti de la tête après sa congédiation sans ménagement par Ruiz. A nouveau l’envie de lui claquer sa gueule pour lui rabattre son air d’arriviste arrogant et sûr de lui. Mais j'ai mieux à faire. Je me porte à sa hauteur et entame l’entretien sur un mode pour le moins impersonnel :
 
- M. Miller, je tiens d’abord à vous présenter mes sincères condoléances pour votre perte. Si vous le voulez-bien, j’aurais quelques questions à vous poser, dis-je en l’invitant sans vraiment lui laisser le choix à s’asseoir sur le petit canapé en rotin.
 
Je résiste à la tentation de me servir un verre du même whisky que celui que le mari de Gina sirote tranquillement. La journée a été longue, mais je préfère finalement reprendre la parole après un silence méditatif. Joignant mes mains et les posant au niveau de mon menton, je poursuis donc sur le même ton clinique.
 
-M. Miller, que faisiez-vous la nuit du meurtre de votre défunte épouse ? 

Attaque frontale.

* Brutal, mais ce connard mérite que je le secoue un peu*
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Re: Scène 2 : Musique, Maelström !

Message  Faust le 2014-06-19, 7:18 pm

Tandis qu’il s’assied en face de toi dans un léger grincement sur le petit canapé en rotin de luxe, il croise les jambes et continue de siroter son verre. Mais ton attaque frontale semble le prendre un peu au dépourvu. Sa mâchoire se serre et ses yeux se plissent juste un instant, avant qu’il ne reprenne son sang-froid d’avocat en regardant derrière vous là où pourrait apparaître Alfonzo.
Constatant qu’il n’y a personne, il t’observe une seconde, puis lance d’une seule traite en posant son verre :
- Écoutez, mon vieux. Je ne sais pas ce que sa Majesté vous trouve de particulier, et je comprends que votre boulot soit de vérifier des pistes sur les proches. Mais je vous conseille de revisiter votre ton. Soit c’est pour faire mousser votre carrière et vous pouvez arrêter la comédie ici. Soit c’est une attaque personnelle, et là je vous le dis carrément : prenez un rendez-vous pour aller vous faire mettre, parce que je me fous comme de ma première affaire de ce que vous pouvez penser de moi, finit-il sur un ton qui n'est pas agressif, mais typique du genre ambitieux-sûr-de-lui.

Après son petit laius, il reprend son verre, le sirote en laissant passer un silence volontairement assez agaçant en te regardant, puis finit par répondre à la question que tu lui a posé :
- J’étais en salle de réunion avec les associés de notre cabinet jusqu’à 23h. Si vous aimez perdre du temps, vous pouvez vérifier. Ensuite je suis rentré chez moi vers minuit, le Majordome de notre résidence privée pourra vous le confirmer. Ma femme n’était pas là, mais elle m’avait prévenu qu’elle faisait une soirée « entre filles » avec sa copine…Thérésa, je crois.  Une artiste, si j'ai bonne mémoire…

Encore une pause :
- Alors je suis allé me coucher après avoir pris un souper assez frugal. Ce matin, constatant qu’elle n’était pas revenue, j’ai appelé sur son portable, qui ne répondait pas. Je n’avais pas le numéro de cette Thérésa, donc je suis allé au bureau en attendant d’avoir des nouvelles en fin de matinée, au cas où elle aurait juste eut une soirée arrosée, ou juste envie de découcher. La suite...C’est vous qui l’avez écrite.

Il vide son verre d’une traite, puis rajoute :
- Je vais être honnête, si ça peut vous aider, Détective. Notre couple n'était pas au beau fixe. Nos vies étaient trop différentes, je suppose. Elle pensait que j'avais des aventures, et je pensais la même chose. Notre divorce était une chose que je prévoyais inévitablement. Elle ne m'aimait plus, ça crevait les yeux...Mais même si notre histoire allait vers une fin, je n'aurais jamais touché un cheveux de Gina. Et encore moins lui faire ce que...

Il se tait, et sa gorge se noue un peu tandis qu’il tire ses cheveux en arrière. Mais il retrouve très vite son self-contrôle de requin après s’être recoiffer d’un geste :
- C’est tout ce que je sais, Détective, je suis désolé de ne pas être d'une plus grande aide. Évidemment je suis tout à fait prêt à coopérer avec les forces de police. Donc si vous avez d'autres questions, n'hésitez pas…, finit-il en laissant sa phrase traîner dans le vide. Son ton est à peu près aussi « courtois » que le tiens, le corporatisme et la duplicité d’avocat de luxe en plus.
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Re: Scène 2 : Musique, Maelström !

Message  Masika le 2014-06-24, 4:58 pm

Je m’assieds en face du mari de feu gina, une pointe d’amertume dans la gorge à cette pensée. Son regard en direction du bureau du juge Ruiz ne m’échappe et je me fais la réflexion que ce petit con se fait pousser les couilles dès que son beau-père n’est plus dans les parages. Mentalement, je note le nom de Thérésa, à interroger plus tard parmi tous les autres. J’oscille doucement tout en écoutant le discours bien huilé, et vraisemblablement déjà préparé, de l’avocat. Pas que les arguments portent sur mon jugement, mais j’ai du mal à penser ce type en boucher de son ex-femme. Bien trop occupé par sa propre personne pour se soucier d’en découper une autre. Au moins littéralement.
 
Il en a fini. Je ne vois pas l’intérêt de poursuivre notre entretien pour le moment. J’achève sur un laconique :
 
- Je vérifierai, soyez-en-sûr. Je réprime l’envie de le renvoyer dans ses cages avec sa condescendance, mais finit par me dire qu’il ne mérite pas que je m’abaisse à ça. Je vous recontacterai si nécessaire.
 
Je me lève et quitte le patio sans autre forme de salut. Direction la BMW. Ronflement discret du moteur, un truc qui calme légèrement la tension qui noue mes épaules. Appel en mains libres pendant que la voiture quitte les environs de Bel-air. Je compose le numéro du docteur Jones. Que je parvienne à la joindre ou non, mon message est sensiblement le même :
 
- Professeur Jones, bonsoir, Matthew Dane du COPS à l’appareil. Je sais qu’il est tard, mais j’aurai souhaité m’entretenir avec vous. Je m’occupe du meurtre de Mlle Gina Ruiz-Miller… dis-je comme si cela se suffisait à lui-même. Je sais qu’il est tard et pour être honnête, je suis affamé. Si vous me le permettez, puis-je vous inviter au « Sun and Sushis » ?
Un bon jap’ du côté de UCLA, même si ça fait un bail que je n’y suis plus allé. Second numéro alors que je me mets en route :
 
- Kat’, partenaire. Désolé de t’avoir mis sur la touche aujourd’hui, disons que c’était pour notre bien. A mon avis les bœufs vont t’avoir à l’œil quelques jours. J’ai encore uen cours eà faire, mais on se retrouve d’ici deux heures chez mon père. Profites-en pour retrouver tes copines, car après on repose la voiture de papa…
 
Lae pauvre, je sais qu’il pense que je le mets de côté, mais je le remettrai en selle tout à l’heure.
 
Dernier coup de fil, alors que je file sur la rocade.
 
- Salut frangine. J’ai eu ton message, mais j’ai eu une journée de dingue. On peut se voir ce soir ?
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Re: Scène 2 : Musique, Maelström !

Message  Faust le 2014-06-24, 6:44 pm

Est-ce une allergie au con en discutant avec Mr.MILLER, le fait qu'il est 19h et que tu as encore un planning chargé, ou juste un regain de Mr.Murphy et sa Loi de l'emmerdement maximum, toujours est-il que ton mal de tronche revient te saluer. Et tandis que tu sors de chez le juge, il prend des allures de migraine carabinée.
Premier coup de fil au Dr Jones. Contre toute attente elle est encore dans son bureau d'UCLA à cette heure « tardive » :
- « Dr Daphnée Jones, j’écoute... »
Silence une seconde suite à ton explication.  Puis elle rétorque, d'une voix neutre :
- « …Oui, Détective. J'ai entendu parler de ça tout à l'heure...Pauvre femme… », elle laisse planer un petit silence, puis rajoute : « ...Très bien. J'ai quelques copies à corriger encore. Disons vers 19h40, ça vous va ? »
D'après ton planning, c'est une affaire qui roule : « Très bien, Monsieur Dane, Sun&Sushis, 19h40...Pensez quand même à annuler votre diner avec cette journaliste, ce serait trop bête... », Finit-elle sur un ton pince sans rire avant de raccrocher.

Deuxième coup de fil, à Kato cette fois. Celui-ci éclate de rire, mais ajoute sur un ton plus sérieux :
- « Bah en fait, elles se sont barrées…Puis j’ai pas eu le temps d’en profiter avec tes missions à la con ! Bon, la bonne nouvelle c’est qu’en faisant du porte à porte dans les squats des environs de l’hôtel, on a trouvé le cadavre d’un junkie sans-abris dans une ruelle, roulé dans un tapis dans une poubelle. Coup d’cran d’arrêt dans les côtes et gorge tranchée. L’arme appartenait au junkie. Sa copine nous a lâché qu’un « mec  louche » leur filait un tas de fric depuis deux semaines pour surveiller les allers venues d’une fille. Elle avait la photo qu’leur a fourgué l’type. J’te l’donne en mille : Gina MILLER-RUIZ ! ». Il marque un silence triomphant, avant de reprendre : « J’suis sûr que c’est lui. C’est l’tueur, partner !...D’après Kathy –c’est la copine du Junkie – leur « employeur » était super furax parce que Marco –lui c’est l’Junkie- était défoncé à la dernière surveillance. Elle a rien vu d’autre, elle était partie tapiner pour sa dose, apparemment. Elle a dit qu’ils ont jamais vu son visage, et qu’il avait un accent un peu rupin, mais genre flippé.J’l’ai quand même emmené au commissariat pour un portrait robot, on sait jamais, hein ? Bon par contre pas de trace de la camionnette avant ça. J’ai envoyé l’macchabé à l’autopsie, et le CSI examine la ruelle. On s’retrouve chez ton paternel, partner, et tu m’expliqueras tout là-bas.»

Troisième et dernier coup de fil, ta sœur, avec une légère appréhension. Elle finit par décrocher :
- « Ouuhhh, saluuuuuut beau brun ! Comment tu vas depuis l’temps..? » Sa voix est altérée. Tu connais ta sœur comme ta poche, et aucune de ses inflexions de voix ne t’es étrangère. Celle-ci n’annonce qu’une chose : elle est aussi sèche qu’un rondin au milieu du Mojave. C’est rare de la voir comme ça, ne serait-ce que parce qu’elle est d'habitude en perpétuel conflit avec ta mère, et surtout contre ses états d’ébriétés trop avancés. Grand moment de silence et de solitude. Difficile de dire si elle est trop bourrée pour te répondre, ou si elle réfléchit (parce qu’elle essaie de connecter deux neurones ?). Elle finit par te répliquer laconiquement : « Pas d’soucis, frangin. Je comptais pas trop bouger ce soir de toute façon… », elle a un petit ricanement, puis raccroche.

Te voilà seul, dans ta voiture, avec la seule compagnie de la Radio. La voix de Brian Owen, présentateur de KFM, qui éjecte les nouvelles comme s'il s'agissait de burgers :
« ..Pour terminer, l'horrible affaire des braqueurs du Week-end continue a secouer le tout Los Angeles presque autant que le meurtre de la fille du juge RUIZ, mais la chasse à l'homme continue pour retrouver le reste du gang. Ils auraient été vus à Southland. La police affirme que les mailles du filet se resserrent. Espérons que les braqueurs ne fassent pas des heures sup' pendant la semaine ! »

« Et enfin, notre bulletin météo de LA pour les prochains jours. Vous devez l'avoir entendu, El Nino, la pollution et les Extra-terrestres nous apportent en ce mois de Janvier le retour de l'Ouragan April. Oui oui, celui qui avait frappé la côté ouest en 2024 avec la force d'un mini big one. Il sera là d'ici demain, et les autorités mettent tout en place pour préserver la sécurité des angelinos. Les climatologues quant à eux ne s'expliquent toujours pas les phénomènes climatiques étranges de ces dernières années, dont la formation d'un ouragan tropical à cette époque de l'année. Mais eh, oh, on est en Californie, les mecs ! La terre de tous les possibles !..Alors en son honneur, et pour tenter de la calmer, voilà un vieux tube thématique. Un truc à grand-papa du siècle dernier, juste pour vous détendre un peu les oreilles : Les Doors - Riders On The Storm  »

Pendant que le soleil plonge à l'horizon dans l'océan, un ciel qui commence à être menaçant s'annonce. De l'autre côté, vu des hauteurs de Bel-Air, un panorama  sur ta ville. La ville de tous les vices, le fog, et ton affaire. April. Le deuxième prénom de Gina. Pied de nez du destin ? ...Tu te masses les tempes, tandis que ce foutu mal de tête commence à te vriller les tympans et que tu te diriges tel un cavalier solitaire vers le soleil couchant, et les sushis qui s'annoncent.

Je te laisse faire ton post ici pour finir cette scène, et ensuite tu peux passer directement à la scène suivante : Avaler un Sushi, nourrit ton esprit.
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Re: Scène 2 : Musique, Maelström !

Message  Masika le 2014-07-02, 11:39 am

Coup de fil formel au Docteur Jones, mais j’obtiens ce que je cherchais et sa dernière remarque m’arrache un sourire tandis que je fais glisser la berline sur la 112ème. Coup de fil à mon petit nem et bonne pioche. J’écoute son rapport avec attention, piste intéressante. Et peut-être une première faille dans la méthodologie du tueur qui paraissait jusqu’à présent parfaitement maîtrisée.

- Ok Kat’, c’est une excellente piste. On fait le point tout à l’heure. Bon boulot!

La frangine. Timbre de voix que je n’aime pas. Elle a l’air déjà de flotter bien haut. Pas bon ça. Pas bon du tout, mais chaque chose en son temps...

Le silence retombe dans la berline. Un silence assourdissant. J’allume la radio, histoire de passer le temps dans les embouteillages. Les news me font penser à Thomas. Sur que son attention ne doit pas vraiment être à l’affaire des braqueurs. Il faudra que je l’appelle.

Riders on the storm. Morceau désuet mais dont le titre me parle bien plus que je ne le souhaiterai. Quand on chevauche la tempête, mieux vaut ne pas en tomber. Une sorte de rodéo à la texane dans laquelle on joue sa tête. Et dans la tempête qui s’abat sur la ville, le sentiment qu’il s’agit de ma tête me gaspille légèrement le coucher de soleil…
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