Scène 3 : Avaler un sushi, nourrit ton esprit...

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Re: Scène 3 : Avaler un sushi, nourrit ton esprit...

Message  Faust le 2014-09-23, 9:47 pm

|◄◄Un peu plus tôt, dans la morgue de "la taule"

A ta question, le Docteur "Donald" Simus a une expression qui te rappelle son prénom, avant d'afficher un air contrit :
«- Eh bien, Détective, je ne suis malheureusement qu'un amateur éclairé dans ce domaine. Je crains qu'il ne faille attendre les conclusions de mon collègue le Professeur Leskov, Directeur du département de nanosciences de l'UCLA, pour en savoir plus. Je n'omettrais pas de lui poser votre fort intéressant -bien qu'innatendu- questionnement...», finit-il en te jetant un regard poliment curieux au travers du reflet de ses lunettes, auquel évidemment tu ne réponds rien, préférant partir sur la confidentialité de son aide.
Encore une fois, le Docteur semble peser le pour et le contre. Il finit par soupirer alors que tu tournes des talons désenchantés vers la sortie :
- « Vous savez, il y a bien longtemps, lors d'un bref passage à Cambridge, j'ai prêté serment de ne jamais répéter à quiconque ce que je pouvais entendre ou voir lors de mes consultations. Je suppose que malgré ma profession actuelle on peut considérer en toute bonne Foi cette visite "médicale" comme tombant sous le joug du secret docteur-patient préconisé par ce charmant idéaliste d'hippocrate... Et qui serais-je pour trahir le serment d'une école aussi prestigieuse à quelques mois de ma retraite d'un poste fut-il aussi gratifiant que le mien, n'est-ce pas ?» Finit-il avec un petit sourire courtois.

Avant que tu ne franchisse la porte, le vieux docteur rajoute :
- « Prenez bien soin de vous, Détective. Et n'hésitez pas à repasser. Je vous tiens au courant pour...La suite...», dit-il, comme si un sorte de prescience lui avait fait détecter son élève.

Lorsque tu sors du bâtiment, l'air est chargé de quelque chose d'électrique. Un vent étrange souffle dans la rue, et un camion de pompier passe devant ta voiture. La voix d'Owen et ses news sur KFM te reviennent en mémoire : Il sera là d'ici demain, et les autorités mettent tout en place pour préserver la sécurité des Angelinos.. Tandis que tu montes silencieusement dans la voiture en décidant de prendre la volant, un éclair dans le lointain. Du côté de l'Océan. April n'est plus très loin...

|◄◄
Quelques instants plus tôt de l'autre côté de la rue, au moment de la sortie de Matthew de la Taule
L'Homme regardait la tablette numérique où il venait de composer son message quelques secondes auparavant.Une réponse apparue, dans le même langage codé impénétrable. Il fallut quelques secondes avant que l'homme aux traits trop banals, habillé en costume noir, ne range machinalement la tablette dans la boite à gant de sa voiture grise, qui était garée un peu après celle de Dane sur le même trottoir. L'homme démarra lentement un peu après le Détective, et tourna à gauche, à l'opposé de la direction qu'empruntait Matthew.

►►|
10:05PM, 35ème étage du bâtiment du LAPD, Bureaux du COPS
Tu te rappelles le laïus d'un de tes formateurs sur la partie enquête de la Police de L.A : « Y aura des jours où rien ne colle. Vous découragez pas, c'est que vous touchez au but ! ». Tu te dis que ce rond de cuir ne devait pas avoir le poids de la responsabilité d'une enquête comme la tienne. Devant ta machine, tu soupires, tant par désespoir que pour évacuer la frustration. Rien ne colle. Croisant les données du PARD avec d'autres pour trouver des tueurs en série génie des sciences, le peu de résultat est un échec. Pas parce qu'il n'y en a jamais eut, mais parce que les seuls rares connus sont morts depuis longtemps. Et chou blanc pour Parker, concernant qui ta mémoire était (presque étrangement) intacte. Aucun background scientifique, mais des aptitudes intellectuelles pour toutes les matières, et des connaissances dans tous les domaines connus ou presque, d'après les dires de son psy dont Daphnée t'a vanté les mérites. Et la dernière théorie sur les employés de ton père est dure à vérifier, les clauses de confidentialités sont telles dans son domaine ultra concurrentiel qu'il est difficile de passer les paravents qu'a disposé ton paternel au sujet des embauches et des défections, voire pire, des démissions pour aller voir la concurrence qui se produisent souvent dans le contexte d'espionnage industriel du tout nouveau (et mal protégé ?) Etat Libre de Californie. Il faudrait sûrement creuser plus pour en apprendre plus. Mais tu consultes la montre de ton ordi, et constate qu'il est déjà tard.

En jetant un oeil au dessus de ton bureau, tu vois la joue de ton coéquipier écrasée contre son clavier. Lorsque tu le réveilles, il crie presque, les lettres QWE carrément imprimées sur la joue : «Nia, j'dormais pas, j'vous jure ! ». Il a l'air con, et visiblement pour une fois il s'en doute. Il te laisse donc parler, et répond en s'étirant comme un chat : «Okay, mais on s'arrête prendre un kawa, sinon j'tiendrais jamais...», dit-il avec un faible sourire de réconfort. C'est marrant, sans compter le fait que c'est un des flics les plus nuls que tu aies rencontré, si tu t'étais imaginé avoir un petit frère un jour, il l'aurait joué à merveille.

Une fois dans la voiture, et lorsque tu lui demandes de passer par la 8ème, il te répond : « Euh, ouais, tu sais, la caisse...Ils ont rien trouvé à part une bagnole cramée, les plaques enlevées. Il devait vérifier les numéros de série, mais visiblement ça avait bien cramé, y avait peu de chance...Et les caméras de la ville y en a pas à cet endroit là...Donc à part si t'as une idée d'à qui appartient cette caisse...». Il renchérit en sortant un papier plié de sa poche : « Et ça c'est le portrait robot de notre tueur, d'après la camée...Y a des fois comme ça...», dit-il en te tendant le bout de papier que tu déplies pour découvrir un visage complètement déformé, comme un essai de...Cubisme ? Avant que tu ne demandes, il ajoute tout en continuant de conduire : «Soucis neurologiques à cause de la came qu'elle prend, d'après le psy. Apparemment son cerveau "déforme les images, surtout la nuit". L'artiste et moi on a abandonné après l'cinquième truc dans l'genre...». Il a l'air presque aussi abattu que toi. Enfin, si on excepte que lui n'a pas de nanites dans le corps, n'entend pas des voix, n'a pas un père qui est peut-être impliqué dans votre enquête, ni une sœur peut-être enceinte....

Arrivé sur place, tu constates que la place a été nettoyée par les locaux du LAPD et les pompiers. Même plus de barrière, montrant encore une fois le taux de cynisme des gars des services publics à Los Angeles. Une bagnole cramée de plus dans une ville de plus en plus folle. Vous poursuivez la route, et tu t'aperçois vite d'une chose : impossible de remonter la piste routière au-delà de ta "vision", qui s'arrête -évidemment- devant un échangeur. Le tueur a pu prendre n'importe quelle direction. Il faudrait vérifier s'il y a des caméras dans le coin, ce qui reste possible vu que cette portion se situe dans la partie centre d'affaire de la ville. Au bout d'une demi-heure à tourner, virer et contre virer, tu te décides pour épargner le peu de santé mentale de Kato qui ne comprend plus rien, pour lui demander d'aller voir Alicia en attendant que quelque chose se débloque, voir -soyons fou- dormir une paire d'heures. Les lumières de la ville filent à vive allure, et tes flashbacks te semblent maintenant si lointain que si tu n'avais pas eut raison pour le véhicule, tu te serais tâter à aller voir un psy tout de suite. Une angoisse sourde t'étreint pendant le voyage jusqu'à Bel Air, trajet pendant lequel tu essaies d'éviter de penser à ces nano robots inconnus qui pullulent dans ton corps, et à tout ce qu'il pourraient bien te faire...

►►|
11:00PM, Résidence des Dane à Bel-Air
La pluie commence à tomber tandis que tu pénètres dans l'appartement de ta sœur. Enfin, l'ancienne aile de la résidence qu'occupait ta soeur jusqu'à il n'y a pas si longtemps, et dans laquelle elle revient, notamment pour peindre, sculpter ou faire "ses trucs", atelier géant oblige.

En te glissant par la veranda qui étouffe le son des cordes qui commencent à tomber au dehors, tu la vois dans la pénombre à travers la baie vitrée. En position fœtale au pied de son canapé noir, elle enserre un nounours complètement déchiré dans ses bras, tandis que sa main serre elle une autre sorte de doudou : Johnny Walker 1L, vide. La tête sur le carrelage, ses cheveux son étalés comme flottant à la surface du carrelage que tu sais heureusement être chauffé. Elle porte un haut de pyjama rose que tu sais décoré d'une tête de dragon de dessin animé, qui jure vraiment à peine avec ses bas noirs maintenant troués et SON talon aiguille rouge dont l'autre est quelques mètres plus loin avec le reste de ces vêtements de soirée. Visiblement, elle n'a pas eut le temps ou la motivation pour faire un changement de tenu complet.

En approchant, tu peux voir un tube de zopiclone -un somnifère-, un joint qui s'est éteint à côté de son autre main, et le vomi qui sort de sa bouche. Tu t'affoles tout à coup, mais aussi vite tu l'entends ronfler comme un bébé, puis dire d'une voix de petite fille malade : « Non, Matt, p...encore, j'veux pas retourner à c't'école pourrie, sont tous m'ch..ants a'c moua...aisses moi dormir...Mmmmm !», finit-elle avec la même moue contrariée dont tu te rappelles à cette rentrée des classes qui avait été..Mouvementée.
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Re: Scène 3 : Avaler un sushi, nourrit ton esprit...

Message  Masika le 2014-10-01, 6:46 pm

Nous attendrons les conclusions du Professeur Leskov alors…et, doc’, merci pour tout » sont les mots que j’ai utilisé en guise de conclusion à l’entretien pour le moins déroutant que je viens d’avoir avec Simus. La clope au bec, je considère un moment l’air chargé d’électricité qui annonce l’arrivée d’April avant de monté dans la voiture.

Après le zéro pointé de mes recherches au bureau des COPS, et un trajet retracé de mémoire qui débouche sur un portrait-robot que n’aurait pas renié Picasso et un défaut de piste tout à fait consternant, je finis par plier les gaules et enjoindre Kato à me déposer à la demeure familiale. Un simple regard dans sa direction, puis dans la vitre de la voiture qui me renvoie ma propre image, ne me permet pas de déterminer lequel de nous deux est le plus rincé. Sale journée. J’invoque le sourire que Daphnée m’a adressé un peu plus tôt pour chasser l’image de bestioles mécaniques qui se trimballeraient dans mes cellules pour me faire faire n’importe quoi, sans réellement rencontré le succès escompté.
Comme quoi un sourire ne peut pas réparer tous les maux de la terre. Encore un dicton de merde.

La demeure familiale s’érige au-dessus de la côte, luxueux refuge sous la pluie et le vent qui commencent à s’intensifier. Après avoir souhaité une bonne nuit à Kato et m’être extrait rapidement du véhicule pour éviter une douche précoce, je me rends dans l’aile occupée en intermittente du spectacle par ma sœur. Apparemment, intermittente de la responsabilité aussi. Pêle-mêle : le nounours, le carrelage et le biberon à 45° d’alcoolémie. Un tableau malheureusement redondant dans la vie de ma frangine. Je reste immobile à la contempler, ressentant une intense fatigue. Suffisamment longtemps pour qu’elle-même ressasse dans son sommeil distillé un mauvais souvenir de notre enfance. Mes poings se serrent à l’évocation de ce moment humiliant, instinctivement. Pas le genre de truc que j’ai envie de voir remonter à la surface ce soir. Je finis par m’accroupir à ses côtés.

Pire que ce que je pensais. Je réprime l’envie de finir le joint et regarde dans le tube pour voir combien de cachetons elle s’est enfilée avant de s’écrouler. Assez pour avorter la conversation que j’espérais, mais heureusement trop peu pour finir la soirée aux urgences.

Je ramasse délicatement le corps sans force de ma sœur pour la déposer sur le grand lit aux draps défaits, puis lui nettoie son visage souillé avec une serviette humide. Je me dirige ensuite vers la grande baie vitrée qui donne sur la mer, glissant une cigarette entre mes lèvres. Le son de la pluie se fait plus fort ici, et a un effet étonnamment apaisant. J’essaie de repenser aux évènements de la journée, mais mon esprit me fait l’impression de baigner dans le formol. Trop de faits s’empilent au fur et à mesure de l’avancée de l’enquête et, si je perçois qu’un fil conducteur les relie tous, je n’arrive pas à le définir. Vaincu, je m’allonge dans le canapé pour écouter la pluie en attendant que le sommeil vienne. En espérant qu’il ne soit pas peuplé de visions originaires de petites machines qui hantent mes cellules biologiques…
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Re: Scène 3 : Avaler un sushi, nourrit ton esprit...

Message  Faust le 2014-10-04, 7:53 pm

Bruit du canapé en cuir agrémenté de la pluie dans le lointain. Ton corps tombe comme une enclume. Des images de cette journée complètement folle passe devant tes yeux, et avec la dernière image du chaos du Sun&Sushi, tu es foudroyé par une surcharge de pensées qui se délitent lentement comme une encre noire sur une feuille...Feuille...Feuille...Feuille...

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