Scène 7 : Quand t'es dans le désert ♫

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Scène 7 : Quand t'es dans le désert ♫

Message  Faust le 2018-01-20, 7:17 pm

Dimanche 20 Janvier 2030 18:30AM, Quelque part dans le désert du Mojave, Nevada



La morsure du soleil marque un changement radical avec l'ouragan dont vous sortez. Cinq heures de routes dont la monotonie n'est rompue que par la Radio et les envies de pause pipi de Kato. Cinq heures pour toi à penser. A angoisser. A planifier. Et bien sûr, à douter.

La Mercedes vous amène à toute allure jusqu'à ce point perdu dans le désert indiqué par tes souvenirs du dossier de Parker. Les Collines rocailleuses laissent la place à de plus en plus de dunes et de cactus. Pourtant, une colline attire le GPS jusqu'à elle, et vous vous trouvez en fin de parcours lorsque la route (si on peut encore appeler ce chemin une route) s'arrête à quelques kilomètres de votre destination.

Le soleil se couche sur cette colline posée comme on indique d'un X un trésor. Le Bunker doit se situer quelque part au Nord-Est de ce monticule rocheux. Kato s'essuie le front malgré la fin de la fournaise annoncée par le crépuscule naissant :
- "Bon...On fait quoi maintenant boss ?", annonce ton acolyte en chemise avec un fin sourire en chargeant son fusil à pompe.
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Re: Scène 7 : Quand t'es dans le désert ♫

Message  Masika le 2018-01-26, 4:00 pm

5 heures à ressasser les décisions qui m’ont conduites sur cette route, à cet instant précis. Et le mauvais feeling que nombre de ces décisions n’auront pas été les miennes. Même lorsque que Kato demande sa troisième pause pipi, je n’arrive pas à me dérider. Sûrement son stress plus qu’un problème de vessie. Un stress qui finalement ne me gagne pas, remplacé par des pensées multiples qui alimentent le champs des possibles. Des pensées sombres pour la plupart.

La voiture s’arrête enfin sur un promontoire rocheux, perdu au milieu de nulle part. Je sors, ressentant avec acuité la chaleur sèche qui envahit mes poumons. Au moins, il s’agit d’une sensation biologique, pas mécanique. J’observe l’horizon, que les ombres nocturnes commencent à envahir, direction nord-est. L’endroit où nous nous trouvons reste quand même un spot idéal pour se faire repérer depuis le bunker. Altitude, désolation ambiante… Si on avait souhaité faire une annonce de l’arrivée de Matthew Dane, on ne s’y serait pas pris autrement. Si il y a encore quelqu’un par ici. Si même ce foutu bunker est dans le coin ou existe réellement…

Mon p’ti Nem sauce salé, au vu de la transpiration qui déborde de son front, met un terme à mes errances méditatives pour me ramener à un certain pragmatisme. Mon regard se reporte sur lui, et un sourire malicieux vient enfin éclairer pour quelques secondes mes traits.

- Bah on y va !

J’enfile mon masque du Cops, ne proposant plus à voir qu’un fond vert parcouru de pétale de roses en lieu et place de mon visage, puis glisse mon colt Afrikaneer dans son holster. Je branche ensuite la caméra pour filmer notre périple. Il y a quelque chose de rassurant dans ses gestes familiers. Une fois prêt, La voix légèrement étouffée à présent, j’ajoute à l’intention de Kato :

- Le bunker doit se situer dans cette zone, dis-je en désignant le nord-est d’un geste vague de la main. Pour être honnête avec toi, je ne sais pas du tout ce qui nous attend là-bas. Au mieux un musée des horreurs, au pire un piège qui nous condamnera certainement… En route !

Je joins le geste à la parole pour trouver le meilleur moyen de descendre de notre promontoire rocheux sans achever prématurément notre expédition par une chute en mode pétage de gueule. Une fois en bas, je me dirige à l’aide du meilleur GPS possible : le pifomètre. Tout cela ressemble admirablement à une opération d’amateurs, mais je n’ai rien d’autre à proposer. Et j’aimerai tellement que cette sensation de déjà-vu me lâche un peu.
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Re: Scène 7 : Quand t'es dans le désert ♫

Message  Faust le 2018-01-27, 7:36 pm

A ta phrase concise de départ, ton petit nem à la sauce de transpiration a un sourire, lève son pouce puis enfile en écho son masque de COPS auquel tu ne t'habitues décidément pas : une croix aux allures de chrétienté étrangement marquée d'un idéogramme en plein milieu, le tout sur un fond rouge qui lui donne un look bien plus agressif que le tiens. Tandis que vous cherchez une aiguille dans une dune, ton coéquipier n'a pas l'air inquiet. Mais il faut dire que tu l'as rarement vu s'inquiéter pour quoi que ce soit d'autre que la configuration feng shui d'une pièce et les superstitions de son pays d'origine.

La descente est plus rapide que prévu. Et ni la chance ni le pifoGPS n'y sont pour grand chose. Dans une sensation à laquelle tu commences à t'habituer, tes nouveaux sens super-développés te guident, et le temps de cette petite marche en fournaise tu te prends pour The Sentinel. Tu repères un sentier, même si la plupart des gens n'auraient rien vu de tangible, et il te semble même voir des traces de pas. En les suivant, vous traversez un canyon étroit, qui débouche sur une crevasse encaissée visiblement profonde et sombre, totalement invisible jusque là. La crevasse est taillée, et semble dessiner un escalier en colimaçon assez précaire. Des traces de pas et de ce que tes sens analysent comme des caisses assez lourdes.

Tu as alors des picotements dans le cerveau, et plusieurs conclusions fusent comme des flash malgré toi. Le bunker est sûrement enseveli, et ce passage dans cette crevasse d'après la topologie du terrain ne doit être qu'un des accès, mais pas la porte principale, qui a priori doit se situer de l'autre côté d'un autre promontoire rocheux qui semble avoir subi un bombardement. Cette entrée doit se situer à une dizaine de minutes de marche.

D'après les traces que tu as vu, tu penses que ta sœur et les ravisseurs -dont gunderson- ont dû passer par cet escalier rocheux. Tu ne repères pour l'instant pas de gardes ni d'éclaireurs, et tu es persuadé qu'il n'y en a pas sur au moins 500 mètres. Tout cela est assez étrange pour soulever une tonne de questionnement malgré l'urgence de ta traque.

Tu t'aperçois soudain de deux choses toutes aussi étranges. La première c'est que tu sens que ton corps semble totalement avoir arrêté de transpirer, comme si tu étais devenu touareg. La seconde, c'est qu'une sorte de pulsation étrange semble agiter ton être tout entier. Comme le poul d'un être vivant, ou le chant régulier d'une sirène qui t'attire vers l'escalier et le bunker. Un chant à la fois sombre et mélancolique. L'écho d'un chant funèbre.
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Re: Scène 7 : Quand t'es dans le désert ♫

Message  Masika le 2018-01-29, 4:41 pm

Au fur et à mesure que nos pas nous éloignent de la voiture, le vide désertique se fait plus oppressant, et renforce ce sentiment de dénuement et d’exposition qui me taraude depuis que j’ai coupé le moteur. Rien ne se distingue réellement dans cette immensité de vide agrégé par des amas rocheux tous identiques les uns aux autres. Par chance, je me retrouve comme spectateur de mes mouvements corporels, en mode auto-pilot. Quoi que je me demande s’il faut réellement se réjouir de ce changement de conducteur de plus en plus fréquent. Super-nanite semble parfaitement savoir où elle se rend. Repérant les traces de pas au sol, je m’accroupis, et coupe ainsi provisoirement le mouvement mécanique de mes jambes jusqu'alors. Je me tourne vers Kato et le masque si particulier qui cache ses traits :

- Ils sont là, Kato. Et Alicia est avec eux, dis-je en désignant les traces à mon collègue mi-homme, mi-nem.

Je redémarre l’Auto-pilot, avec ce coup-ci un fil conducteur au moins visible pour mes yeux. C’est tout juste si je me rends compte que nous nous engouffrons dans une saignée tectonique tant je suis obnubilé par les traces de pas au sol. Jusqu’à arriver au seuil de la crevasse et de cet escalier qui s’enfonce dans le sol. Comme un pop-up publicitaire, une représentation mentale de ce que doit être ce bunker se déverrouille alors automatiquement dans ma caboche.
Je relève alors la tête, pour observer les alentours. Avec une certitude, c’est que ce lieu n’est pas sous surveillance, au moins d’origine humaine. Je réalise aussi pourquoi je n’ai eu aucun mal à trouver cet endroit. En réalité, Super-nanite s'est organisée un 5 à 7 ici avec son aimant. La sombre pulsation que je perçois à présent avec force charme l’habitant technologique qui hante mes veines. Elle l’ensorcèle pour que je vienne jusqu’à elle. Inutile alors de chercher pourquoi aucune sentinelle ne surveille l’endroit. Nos ennemis savaient que mon passager fantôme me guiderait directement jusqu’à eux.

Du calme. Mode Auto-pilot désactivé. Que la chair reprenne l’empire sur la machine.

Je me tourne vers mon petit nem en boîte, et d’un signe de main lui indique qu’aucun garde ne surveille les lieux. J’enlève ensuite mon masque, et lui fait signe d’en faire autant. Lorsque nos regards se croisent , je déclare d’un ton non pas solennel, mais presque suppliant :

- Kat’, je veux que tu me fasses une promesse. Quoi qu’il se passe là-dessous, tu dois ressortir de cet endroit avec Alicia. C’est ton objectif, et le seul que tu dois avoir.

Je lui tends les clefs de la voiture, dans un moment suspendu, jusqu’à ce qu’il s’en empare.

- Il est possible que cet endroit… que cet endroit m’amène à adopter un comportement irrationnel. Alors si pour sortir Alicia de là, tu dois me tirer dessus, tu le fais. Et sans l’ombre d’une hésitation, partenaire. C’est elle ton objectif, pas moi. Tu m’as bien compris ?

Je continue de le fixer, pour m’assurer que mon message passe dans son petit crâne parfois épais dès qu’il s’agit de moi. J’ajoute alors avec un ton impérieux :

- Promets-le moi !

Je ne bouge pas d’un pouce jusqu’à ce qu’il s’exécute. je remets alors mon masque sans rien ajouter, attrape l’arme suspendue à ma ceinture et allume la lampe frontale intégrée à mon masque. J’entame ensuite ma descente dans les entrailles terrestre d’un pas plus assuré que je ne l’aurais pensé. Je préfère ne pas savoir ce que contiennent les caisses qui ont été également acheminées ici.

Surtout, j’essaie de faire en sorte que le biologique ne le cède pas au technologique.
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Re: Scène 7 : Quand t'es dans le désert ♫

Message  Faust le 2018-02-04, 3:15 pm

Le visage avenant et habituellement un peu insouciant de Kato laisse la place à une expression où passent tour à tour l'incertitude, une certaine forme de peur pour finir sur de la détermination. Il t'observe longuement sans un mot, puis se contente de hocher la tête lentement :
- "Tu as ma parole partner. Que mes ancêtres me maudissent si je la trahis..."

Après un long regard sûrement pour sceller à la fois une amitié plus profonde que tu n'aimes l'admettre et sa promesse, il esquisse un de ses sourires narquois habituels :
- "...Toute façon ça arrivera jamais. A mon avis, l'Dieu d'la mort s'est dit qu'tu serais capable de foutre la merde même en Enfer...", finit-il avec un petit rire typique de ton petit nem farceur.

Remettant vos masques dans une synchronisation digne d'un binôme de natation, vous vous engouffrez par le sinueux escalier en colimaçon rocheux qui vous emporte jusqu'aux tréfonds des entrailles éboulées de ce qui ressemble à des couloirs métalliques rouillés éventrés par le désert rocailleux qui a repris ses droits.


Vos torches frontales percent le voile ténébreux, vous révélant un tunnel qui devait servir à faire passer des petits wagons, au vu des rails au sol. Le tout débouche sur un dédale d'autres tunnels, le tout d'une taille titanesque. Tu as beau en avoir déjà vu en photos, l'envergure de ce bunker te donne presque le vertige. A moins que ce ne soit la douce et sombre mélopée qui semble t'attirer comme un fil d'Ariane lugubre.

Une citation de l'Enfer de Dante résonne dans ta mémoire comme une mauvaise tirade sortie d'une série d'Horreur : "Vous qui entrez, abandonnez toute espérance".

Malgré le cliché resucé de la phrase, tu dois bien admettre que le froid qui te glace les os et le cœur depuis votre entrée dans ce labyrinthe de métal rend maintenant la formule nettement plus crédible. Impression encore renforcée par le bruit poussif d'aération et d'un léger éclairage lointain verdâtre, maladif et épileptique. Ce qui t'indique que c'est le système de générateurs électriques de secours qui est miraculeusement à l’œuvre.

En laissant tes yeux parcourir ce décor glauque et post apocalyptique, tu te fais soudain la réflexion que ton petit Nem s'est peut-être trompé sur le refus du Dieu de la Mort de t'accueillir chez lui...

Avançant aussi silencieusement que l'écho monstrueux de l'endroit le permet, vous vous glissez de cul-de-sacs éboulés en crevasses impossibles, te laissant guider par le chant d'une sirène qui te vrille de plus en plus le cortex. L'odeur de renfermé qui semble tout étouffer laisse au détour d'un boyau place à des senteurs nettement plus musquées : cadavres, odeur de  mélange toxique de produits chimiques et de brûlé. Éclairants les affres de l'obscurité comme deux Chevaliers de Lumière masqués, vous vous apercevez dans votre périple que les murs en plus d'être éventrés sont carbonisés d'une suie incrustée, sûrement depuis des années. Le récit de ton père te revient en tête : «...Ces Pauvres enfants. Le commando de mercenaire que j'avais engagé n'a pas réussi à les sauver pendant le sabotage. Ils...Ils sont tous...Morts... L'intérieur du complexe a été détruit.».

Subitement des bruits de pas qui approchent font trembler ton tympan. A une centaine de mètres en face de vous, tu détectes le poul de deux hommes. Armés. Après un temps de silence, un grésillement lointain s'élève, et une voix grave étouffée :
- "Alpha à Équipe Delta...Situation ?"

Le couloir dans lequel vous vous trouvez est jonché de machines cassées, de meubles métalliques détruits et brûlés, et tu penses qu'au milieu il y a un embranchement qui tourne à votre gauche et l'autre qui continue tout droit vers les deux gardes.

Un autre grésillement. Le murmure grave subvocalisé plus proche d'un des deux hommes :
- "Equipe Delta, RAS. Aucun signe des cibles...C'est aussi calme que dans l'vagin d'une vierge..."

Dernier grésillement de coupure de la communication dans l'oreillette, puis celui qui doit être le binôme de l'équipe Delta ajoute en pouffant doucement :
- "Ce lèche boule de Dalton...Quatre fois qu'y d'mande un rapport en 5 minutes...Tu crois qu'y suce le Boss ?"
petit rire sec étouffé et grave du premier : - "C't'enfoiré est pd comme un phoque pédophile à c'qu'y parait, alors ça m'étonnerait pas...Fait chier...On chasse des fantômes, y a rien ici..."

Tes sens t'indiquent qu'ils se dirigent droit vers vous. Mais tu ressens de drôles de signaux parasites. Comme si tes nouveaux auxiliaires nanos s'affolaient depuis ton entrée dans le bunker. Tu te dis que c'est ça que doit ressentir une machine lorsqu'elle bugge.

Kato lui ne semble absolument pas conscient de la menace et fait tourner son fusil à pompe dans un ballet de couverture parfaitement synchronisé au tiens, faisant valser sa lampe dans tous les sens.
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Re: Scène 7 : Quand t'es dans le désert ♫

Message  Masika le 2018-02-16, 3:59 pm

Je salue la promesse messianique de mon petit nem sauce biblique d’un sourire complice avant d’ajuster mon masque sur mon visage. * Vas pour l’enfer*, me dis-je en aparté, avant d’ouvrir la marche pour nous enfoncer dans les ténèbres qui conduisent au sous-sol. Le moins que l’on puisse dire, c’est que je ne suis pas déçu par le décor. Et si le Dieu de la mort ne veut pas de moi dans son enfer, il vient en tout cas de m’autoriser l’entrée dans son purgatoire.

Les faisceaux lumineux des torches montées dans nos masques dévoilent des couloirs métalliques tortueux où la pierre reprend lentement ses droits, sans encore avoir réussi à éliminer de ses entrailles l’intégralité des résidus de l’horreur humaine. La luminosité verdâtre, les traces de suif laissées par l’utilisation certaine de lance-flammes, tout contribue à donner l’impression de s’enfoncer dans le ventre de la bête. Impression qui n’a pourtant pas l’air de s’insinuer dans la tête de mon petit nem sauce majorette, qui défile comme à la parade de Disneyland dans cet endroit sordide. Ce petit bout d’homme est incompréhensible, rien ne semble atteindre son moral. Je vais sûrement pas m’en plaindre.

Le bourdonnement grandissant qui assaille mes tympans devient par contre un vrai problème. Les copines nanites ont l’air de s’affoler, comme si leur rock-star fétiche s’apprêtait à monter sur scène. Pas bon signe ça. Pas bon signe du tout. Un répit vient quand même interrompre cette gigue biomécanique.

Interruption momentanée des programmes, Flash news : «  Nous sommes attendus ». Wouhou, quelle surprise. Et nous voilà les deux petits rats, qui viennent chercher leur bout de gruyère dans une souricière.

D’un geste de la main, j’indique à Kato de mettre un terme à son exhibition digne de l’école de police, puis me concentre pour écouter l’échange plein de subtilités des frères pétards. Mon visage se crispe légèrement sous l’effet des grésillements qui parasitent l'écoute, avant que je ne réalise qu’il s’agit de mes propres tympans et non pas d’un quelconque émetteur / récepteur! Rien de très intéressant, si ce n’est la confirmation qu’il s’agit d’un piège et que le Boss et Dalton nous attendent. La bonne nouvelle, c’est qu’ils sont à l’aveugle, pas de caméra et donc vraisemblablement un système énergétique en vrac. La mauvaise c’est que d’autres duos d’intellectuels se promènent dans les boyaux de cet endroit maléfique.

D’un nouveau geste de la main, j’informe mon partenaire que deux de nos hôtes se dirigent droit vers nous. Un seul refuge, le couloir sur notre gauche. Au pas de course je me dirige dans cette direction, entraînant le Cops crypto-christique à ma suite. Lorsque nous y sommes, je me plaque contre le mur froid, et montre à Kat’ nos tonfas. Pas de tir ici, ou alors Dalton n’aura plus besoin de faire un check toutes les 5 minutes pour savoir si les fantômes sont dans la place.

Je me concentre à présent sur le pas des deux compères, pour estimer leur arrivée à notre niveau. Le temps paraît s’étirer à l’infini, un temps durant lequel je dois signifier deux fois à mon petit nem de patienter dans le calme. Lorsqu’enfin les deux types sont proches, je chuchote à Kato : « Chacun le sien ».

Puis, comme pris d’une inspiration, je fredonne une chanson que Kim avait l’habitude de chanter dans la salle de bain, l’un de ses tubes qui me revient en mémoire à cet instant précis. Pourquoi ? Parce que je suis sûrs que ces deux crétins se sont paluchés devant le clip pour le moins explicite. Tout en chantant à voix basse l’air, je me concentre pour que la chanson sorte des talkie-walkies des deux hommes d’armes, pour les distraire au moment où ils ne seront plus qu’à quelques pas de nous. Puissent les nanites et leurs super-pouvoirs réussirent ce tour de passe-passe.

Quoi qu’il en soit, dès qu’ils passent à portée, je sors de notre planque improvisée pour essayer de neutraliser l’un des deux gardes, avec l'espoir que Kato en fasse autant.
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Re: Scène 7 : Quand t'es dans le désert ♫

Message  Faust Hier à 6:15 pm

|◄◄ Quelques dizaines de minutes auparavant, dans un autre complexe sous-terrain

L'homme essuyait ses lunettes à écailles dans un geste machinal et cela lui paraissait tout aussi inutile que le reste de ce qu'il vivait ici. Il se sentait en prison. Il arrêta lorsque le soldat en tenue sombre entra dans son bureau. S'apercevant de son entrée inopinée, il le salua rapidement :
- "Général, nous avons un problème...Le Sujet 0 est en phase d'éveil..."

L'homme soupira en remettant ses lunettes. La tempête. Les rapports. Et ce message. Tout semblait le confirmer maintenant. Ce n'était pas une simple anomalie. Il ralluma son téléphone pour relire encore une fois le contenu du message :
Il va aller dans la zone noire. Il est en train de s'éveiller. Enclenchez ce foutu protocole !

Les doigts de l'homme tapotèrent le téléphone quelques secondes sans dire un mot. Puis après un léger soupir de frustration, il releva un regard dur sur son subalterne et annonça d'une voix ferme:
- "Enclenchez le Protocole d'urgence."
Le soldat était visiblement décontenancé, mais finit par demander d'une voix blanche en évitant soigneusement le regard de celui qu'il appelait Général :
- "Mais, M...Général, ce protocole n'a pas été validé par le Commandement. Il risque de le ré..."
L'Homme se contenta de le couper d'une voix sèche et menaçante :
- "Soldat, avez vous un problème avec mes ordres ?"
Malgré le ton presque diplomatique, le danger qui planait dans cette phrase était presque palpable, même pour un simple d'esprit comme celui qui lui faisait face. Le jeune homme baissa la tête :
- "Non, mon Général. Bien sûr que non. Je vais l'annoncer tout de suite à l'unité Cyber, Monsieur..."
- "Faites donc ça", annonça la voix grave du Général en le renvoyant d'un simple geste de la main. Il ne le vit même pas partir, trop occupé à réfléchir aux conséquences de la décision qu'il venait de prendre, et de la confiance qu'il pouvait accorder à leur informateur. Et les réponses qu'il obtenait chaque fois qu'il y pensait ne lui plaisaient guère.


Dernière édition par Faust le 2018-02-25, 12:59 am, édité 1 fois
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Re: Scène 7 : Quand t'es dans le désert ♫

Message  Faust Aujourd'hui à 12:47 am

A ton geste d'arrêt, le masque de Samourai du Christ de ton acolyte semble se figer dans l'incompréhension avant qu'il ne réagisse, une demi seconde avant de se faire griller. Il te regarde, puis tes gestes suivants le font réagir au quart de tour et il te suit jusqu'à ton refuge sans un bruit. Son fusil à pompe en main, il se colle avec toi à la paroi glacé de ce tunnel dont vous ne distinguez rien. A la mention du Tonfa, il ne pose aucune question, range son fusil en bandoulière et sort son tonfa. Mais c'est vers les deux mercenaires dans l'autre couloir que ton attention est absorbée. Timing.

Kato remue comme un clown asiatique monté sur ressorts, mais tes gestes d'arrêts mettent fin à son petit manège de chiot excité par l'action. Il patiente, jusqu'à ce que tu lui signifie "chacun le sien". Ce petit bout de Nem a beau ne pas être le plus grand penseur du COPS, tu sais que c'est un cador dans l'action. Sûrement un des meilleurs combattants corps à corps de l'unité, et pas très loin derrière sur le tir. Il serre son tonfa dans la pénombre verdâtre et se prépare à agir.

De ton côté, ton inspiration te fait fredonner le tube Coréen, et tu es sûr que Kato est bouche bée même si tu ne vois pas sa tête. Tu n'y crois qu'à moitié, mais ta prière ne semble pas être vaine. Même si le résultat n'est pas exactement celui que tu attendais.

Tandis que tu te concentres en fredonnant, tu ressens une soudaine vague de chaleur qui commence à te parcourir tout le corps comme une coulée de lave enflammée. Énergisante au début, elle commence ensuite à te picoter la colonne vertébrale. Puis elle remonte jusqu'à ta tête, et ton cerveau explose. C'est là que ton corps entier se retrouve en fusion. Tout ton être se contracte, et ton enveloppe charnelle semble vouloir se replier sur elle-même dans une sensation de déformation de l'espace autour de toi.

Tout devient lumineux. Il te semble un instant distinguer des raies de lumières dorées parcourir le tunnel, et tu entends un bourdonnement. Tous tes sens sont totalement affolés et au bout d'une seconde tu as l'impression de sentir par les yeux. Dans un instant de lucidité avant que ne vienne le frisson de la vision, tu penses que tu es en train d'expérimenter ce que les Docs appellent apparemment la synesthésie, même si tu ne sais pas d'où te sort ce mot.

Ta voix prononce les mots comme un mantra. Et pour la première fois de ta vie tu as la sensation que ce n'est pas qu'une expression. Une forme de pouvoir semble s’exhaler de ta bouche. La réalité se brouille alors, dans une explosion neurale à laquelle tu commencerais presque à t'habituer :

*FLASH*


La femme te sussure à l'oreille, vos corps entremêlés. Odeur de miel, de sexe et d'épices :
- "Sens mes mots pénétrer en toi...". Ses paroles vibrent dans ton oreille, et tu sens un désir incroyable monter en toi, comme un orgasme, en bien plus intense : "Il y a un pouvoir derrière les mots...Comprends le. Sens le. Les mots sont le reflet de ton pouvoir. De ton âme. De ta volonté...Prends conscience des vibrations du Verbe. Observe les...". Silence. Tu ouvres les yeux. Mais rien d'autre qu'une pure beauté sombre et une chambre aux torches tamisées : "...Non, pas avec tes yeux. Lies ton âme à tes yeux. Regardes encore...", dit-elle en mettant sa main sur ta tempe. Son odeur t'hypnotise. Tu fermes les yeux. Inspiration. Expiration. Lentement, tu ouvres les yeux, comme en transe.

Tu vois alors des fils lumineux. Le décor est le même, mais tout est plus clair. Des raies de lumières filent dans la pièce comme une toile. Et au milieu de cette toile, des fils partent de la fille, et semblent pulser doucement vers toi :
- "Tu peux les voir ? A toi maintenant. Ferme les yeux. Concentres toi sur ton plaisir. Et sur ma voix...Et maintenant...Chantes, mon doux...Chantes ton pouvoir, mon bien aimé..."



Tu secoues la tête. Tu entends le chant de Kim Wong dans les oreillettes des deux mercenaires. Le son coule de ta gorge, et vibre devant tes yeux. Tu sens alors tout le "pouvoir", à défaut d'un meilleur mot, qui se dégage des paroles. C'est alors qu'une déflagration dans ton être se produit, et tu sens que quelque chose change.
♫ 이 어둠에 내 눈이 갇혀있다 !
Mes yeux sont piégés dans cette obscurité !

La voix surprise d'un des deux gardes s'élève dans le tunnel au ralenti, comme dans un film :
- "Putain, c'est quoi ça, j'y vois plus r..."

Ton corps réagit d'instinct. Tu sors de ta planque comme un ouragan sous ecstasy, et aucun des deux ne te voit venir, pas plus que ton Side-Kick qui te talonne au sens propre (jet de perception vs discrétion / Sang-froid : raté automatiquement grâce à ton petit tour de passe-passe. Je considère qu'ils sont surpris et n'ont donc droit à aucune défense (surprise totale), et je vous compte une init ultra-violente +2). Le temps se dilate pendant que ton tonfa se dirige comme un missile guidé dans le plexus de ton adversaire. Aveuglé, celui-ci n'a aucune chance, surtout avec tes réflexes nanitesques. La pointe du tonfa part avec la vitesse d'un éclair et la précision d'un martialiste vers son torse (Juste parce que ça m'a fait rire, ton jet d'armes de contacts/réflexes : 6 succés !). Tu sens le bout du tonfa s'enfoncer au travers de sa cage thoracique, brisant tous les os tandis qu'il effectue un véritable vol plané-vrillé à quelques mètre de là. Ton mouvement se finit, en même temps que son cœur que tu entends s'arrêter d'un coup.
,
Malgré la surprise de tes performances vocales, l'impassible Kato se met en mouvement avec une rapidité stupéfiante - compte tenu de son statut de simple mortel - et abat le tonfa avec une redoutable précision dans la gorge du deuxième mercenaire de toute la longueur de sa matraque. Le résultat des années d'entraînement et de la fureur de ton Petit Dragon sont sans appel : Tonfa 1- Gorge 0. Il tombe, inconscient. Mais lui au moins n'est pas mort...

Le silence retombe. La scène n'a duré que quelques secondes. Mais cette accalmie est rompue quand Kato voit ton garde au sol, la poitrine enfoncée malgré son Kevlar. Sa voix rendue étrange par son masque s'élève dans un accent de surprise :
- "Merde partner, mais t'es dev'nu Superflic ou quoi ?!...Regardes moi çaaaa....Putainnnnn de merde, par les ancêtres Matt ! Le keum avait un putain d'gilet en Kevlar, maintenant on dirait qu'il a fusionné avec !...Merde, chuis sûr qu'il est mort en plus !". A ce moment précis, tu ne sais plus trop si c'est de l'admiration que tu sens dans sa voix, ou de la peur : "...Et c'était quoi ce délire Coréen !?...Enfin, j'savais pas que t'avais une aussi belle voix, remarques......Merde, j'ai dit ça tout haut ?"'

Malgré ça, ton ouie supersonique et tes sens sur-développés ne détectent rien. Pas d'alarmes. Pas d'autres pas. Visiblement, la voie est libre. Mais ta tête commence à tellement chauffer que tu te demandes s'il ne va pas falloir t'installer un ventilo dans le cerveau, et ta vue se brouille, te laissant apparaitre des figures étranges dans l'air. La mélopée de retour te vrille maintenant de plus en plus les tympans, dans une ritournelle silencieuse mais assourdissante. Et au travers de ce chant qui te traverse l'âme, tu t'aperçois, dans chaque fibre qui te compose, que quelque chose à changé. Ce ne sont pas uniquement les nanites. C'est autre chose. Comme si...Comme si tu venais de t'éveiller au monde qui t'entoure. Comme si à l'intérieur de toi, quelque chose d'endormi depuis ta naissance venait de se réveiller...
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Re: Scène 7 : Quand t'es dans le désert ♫

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