Scène 5 : L'apocalypse de la Bête

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Re: Scène 5 : L'apocalypse de la Bête

Message  Faust le 2015-09-01, 9:03 pm

La route défile dans le chaos. A force de concentration tu n'entends plus l'écho de la voix de ton père, non plus que les hurlements de Gina. Gina...

Dans ce quasi silence mental, les images de cette apocalypse devant toi se font de plus en plus nettes, au point de distinguer chaque détail morbide et insignifiant de manière presque douloureuse. Comme ce chat miaulant de peur tandis qu'il est emporté par un torrent d'eau. Ou chaque particule de cette fumée presque trop blanche qui s'échappe de l'incendie de ta maison d'enfance.

Tu cours, vers ton destin. Vers ta perte. Tu le sais, n'est-ce pas ?

Tes entrailles se déforment. Ce n'est pas toi qui viens de penser ça. Et tu ne reconnais pas non plus les sensations dérangeantes du tueur. C'est...Autre chose. Tandis que ton corps semble conduire en pilote automatique aussi bien -voire mieux- que toi, une force aussi inexorable que la gravité t'attire à elle. Et soudain, une image apparaît en surimpression sur ton pare-brise, comme une projection holographique irréelle. Un piano. Et un morceau qui commence à parvenir en écho jusqu'à ton esprit.

Sensation dérangeante d'un déjà-vu qui n'est peut-être pas le tiens. La voix reprend dans ce maelstrom de pensées confuses et dans ta course contre la mort.

La vie...Quelle chose étrange, en vérité. On ne peut la toucher. On ne peut la définir...Et pourtant, dans cette fureur mystérieuse qui flirte avec son amante la mort, il y a l'étincelle de ce qui nous rend si humains, si...Vivants...

Un temps d'arrêt tandis que tu évites in extremis un tronc volant qui passait par là. Une partie de toi a conscience de la folie de ce que tu vis maintenant. Mais une autre se sent presque...Légère.

Ahh, la folie...Fille improbable de la Vie et de la Mort. Tu le sens toi aussi n'est-ce pas ? Ce point de rupture sans concession entre le grand tout et le ténébreux néant. Là où tout semble pouvoir basculer dans nos existences. Le point de l'Infini des possibles. Et nous, perdus dans cet ouragan anarchique, nous y cherchons une raison d'être. Une destinée ? Un chemin familier, où tout prendrait son sens. Comme autant de notes bien ordonnées dans une partition...

Tu es alors totalement aspiré par l'image de ces doigts courant sur ce piano, et soudain, tu es là. dans cette prison que tu as quitté. Et tu joues du Piano dans la grande salle. Tu sens toute la tristesse. Toute la peine. Et toute la folie qui habite cette voix que tu as déjà entendu brièvement dans cette même prison. Ses doigts caressent le piano comme un virtuose. Mais derrière cette mélancolie, tu sens...Autre chose. Un lien. Quelque chose d'étrange qui semble l'unir presque affectivement à toi bien plus profondément que votre connexion Nanotechnologique. Quelque chose de presque...Mystique. Il reprend alors avec une inflexion palpable d'ironie.

...Mais la vie n'est pas une partition qu'on peut lire et comprendre, pas vrai Matt ? Non, la vie restera pour nous, pauvres insectes, un chaos incompréhensible. Des chemins masqués par le brouillard impénétrable du Hasard ou du Destin. L'infinité primordiale de tous les choix de l'Univers, celle où se mélange tous les vains mots inventés par les Hommes pour avoir moins peur de l'inconnu. Mais toi et moi savons que la seule chose que l'Homme maîtrise réellement à la fin, ce sont ses propres choix, qu'elles qu'en soient les conséquences. Embrasser le Chaos ? Le rejeter ? L'ignorer...

Épilepsie de la route qui défile à une allure absolument démente sur la voie serpentant jusqu'à ta maison. Silence juste habité par le piano un instant, dont l'air a pris de allures plus lugubres dans la tête de Parker, t'amenant un orchestre qui n'existe que dans son esprit, mais qui a pourtant l'air si...Réel. Sa voix prend des accents hypnotiques, comme celui d'un Conteur macabre.

Et toi, Matthew, le grand Escroc...Celui pour qui je joue maintenant la réplique dans le rôle de l'ombre menaçante. Que vas-tu faire ? Face à cette réalité déchirée, face à ce Chaos qu'est ta vie...Que comptes-tu faire ? Ce sont tes propres choix qui t'ont conduits jusqu'ici. Ici où tout se décidera. Ici où la Vie et la Mort jouent aux dés... Ici où tu vas devoir porter le poids des conséquences de tes actes pour toujours. L'endroit où ta souffrance n'aura d'égale que tes regrets en contemplant, misérable, l'infini des routes que tu aurais pu prendre. Jusqu'à la toute Fin...

Quelque chose tire alors Parker, comme une scène au ralenti, tu vois deux hommes aux blouses blanches le saisir. Leur visage n'a rien de soignants, mais annoncent plutôt une lente agonie. Il se laisse pourtant faire, totalement soumis. Presque heureux qu'on lui remette une camisole et qu'on l'enchaîne.

Les deux hommes le traînent mollement. Soudain il pète totalement les plombs, son pied droit partant dans le genou d'un de ce que tu sens être ses bourreaux. Il rit. Un rire complètement fou.

Que vas-tu faire, Matthew Dane ? Céder au Chaos, le rejeter, l'ignorer ?...Il se prend un violent coup dans les côtes. Mais il savait déjà ce qui allait se passer avant que ça arrive. Et visiblement il attendait cette douleur lancinante. Il la désirait.

Il crie à voix haute cette fois, devant les regards incrédules des deux hommes qui continuent de le "calmer" :
- La seule chose que l'Homme maîtrise réellement à la fin, ce sont ses propres choix, Matt...Alors ne laisse personne te les dicter ! QU'EST-CE QUE TU VAS FAIRE, DANE !?, finit-il en se faisant traîner, la bouche en sang et le nez cassé, mais hilare comme un vrai damné.


La connexion se coupe brutalement, et tu retrouves la réalité. Tu viens de déraper à quelques dizaines de mètres de chez toi. Lumières multicolores des pompiers qui s'affairent à calmer l'Enfer qu'est devenue la propriété Dane avec un courage presque épique dans la tourmente.

Chose plus étonnante, tu aperçois une ambulance, et tes collègues du LAPD. Boule au ventre lorsque tu vois sous un imperméable ton ex-coéquipier, et la tête ravagée qui est à côté de lui. Le jeune officier Rain, qui a l'air plutôt mal en point.

Les paroles de Parker résonnent en toi comme celle d'un Prophète d'une secte obscure. La vision de la tête d'Alicia se confondant avec celle de Gina ne te lâche pas. Tu sens que ton cœur va exploser. Veux-tu réellement savoir où toute cette folie mène ? Est-il déjà trop tard ?...

Une Angoisse sourde t'étreint lorsque Tom vous voit, et que son visage part en déconfiture totale. Comme s'il n'avait espéré qu'une chose : ne pas vous voir.
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Re: Scène 5 : L'apocalypse de la Bête

Message  Masika le 2015-09-04, 1:54 pm

La route n’est plus qu’un long serpent de bitume, noyé dans la colère des cieux. Le serpent est là. Partout.

Mais le serpent qui se love dans mon esprit est bien le plus pernicieux de tout ceux auxquels je dois faire face. La route, la voiture et même l’inquiétude paternelle s’efface devant la voix de Shawn « the beast » Parker. Impression d’être un Matt en 2D. Celui qui conduit et celui qui écoute la litanie funèbre que lui transmet un mentor qui plonge dans les abysses insondables de la folie. Je ressens une empathie et une attirance douces amères  pour des mots qui, ainsi assemblés, résonnent avec force en moi.

La figure paternelle des Dane doit bien se demander ce à quoi j’acquiesce avec tant de conviction. C’est pourtant simple, le tissu du réel n’est pas. Les hommes ont beau construire un univers qu’ils pensent structuré, rien n’existe hors le chaos de l’existence. Cette révélation nihiliste est si puissante, si tangible, qu’elle semble une réponse à tout. Ce climat qui s’abat sur la ville, cette maison en flammes, l’horreur des crimes auxquels je suis confronté. Notre vie est en vérité gouvernée par une simple loi : nous ne la gouvernons pas, nous ne faisons que suivre des routes qui nous sont proposées. Tout cela dans quel but, vers quelle vérité ? En réalité, nos choix ne sont faits que pour en supporter les conséquences.

« QU'EST-CE QUE TU VAS FAIRE, DANE !? »

Je reprends enfin contact avec la réalité : la pluie, la voiture qui roule bien trop vite, le visage défait de mon père.

Je murmure pour moi-même « Wodanaz… » alors que la voiture dérape sur la gravier de la demeure familiale. Je sors revêtu d’une armure d’un calme impérial. Mes choix m’ont conduit ici, je dois vivre avec leurs conséquences.

Le visage de Tom, de l’officier Rain, l’ambulance. Une sombre certitude vient poser son ombre sur mon cœur, mais je la reçois avec un détachement qui m’aurait effrayé encore quelques minutes plus tôt. Suis-je encore moi-même ? Est-ce que Shawn Parker a vaincu la parcelle d’humanité qui m’habitait encore avant que je ne découvre le visage sans corps de Gina ?

Pour une raison que l’ignore, je sais que ce n’est pas le corps sans vie d’Alicia qui m'attend dans cette ambulance. C'est... autre chose.

Un nouveau choix.

Un morceau de glace à la place du cœur, je m’avance vers l’ambulance, écartant tous ceux qui chercherait à m’empêcher d’y accéder. Dans ma main, serré, l’attrape-fortune que m’a remis Kato.
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Re: Scène 5 : L'apocalypse de la Bête

Message  Faust le 2015-09-04, 3:44 pm

Thomas s'avance vers toi, cet air à la fois gêné et grave qu'ont les flics quand ils vont annoncer à une famille de flic qu'un des leur est mort. Frisson.
- Matt, je...

Exactement au même moment, tu aperçois plusieurs sacs de la morgue dans l'ambulance. Ton raisonnement presque froid s'agite. Procédure inhabituelle pour circonstances climatologiques hors du commun. Donc rien d'anormal.

Ton estomac se noue malgré tout. Qui est dans ce sac ?

Ton père se rappelle à ton bon souvenir. Il tremble et demande directement à Thomas :
- Bon sang, qu'est-ce qu'il s'est passé...Et qui...., il désigne les sacs mortuaires. Malgré le ton froid de sa phrase, tu sens l'agitation dans son esprit. Il va craquer, tu peux le distinguer dans ce calme presque monacal qu'est devenu ton propre mental. Tu restes là, dans l'attente de la réponse à cette horrible énigme qui torture ce qu'il reste actuellement de ta conscience, menaçant de briser ton équilibre psychique déjà au bord de l'abîme.

Thomas prend son élan en mettant une main sur l'épaule de ton père. Léger silence avant le grand saut, puis il se décide enfin à rompre cette attente insoutenable :
- Elle était à l'intérieur quand c'est arrivé. Ils l'ont assommé, et on a pas pu la sortir à temps. Le médecin a fait tout ce qu'il a pu...Mais...Il était trop tard...

Montagnes russes dans tes entrailles. Thomas a du mal. Il n'y arrive pas, et quand son regard coupable croise le tiens, ce n'est que pour mieux fuir ailleurs. Il ferme les yeux une seconde en prenant ton père -fébrile- par les épaules, dans ce chaos torrentiel. Il soupire une seconde puis ouvre les yeux :
- Votre femme est morte, Monsieur Dane. Je suis désolé.

Une partie de ton âme se soulève à cette révélation. Le monde cesse tout à coup de bouger. Choix. Conséquences. Les tiens viennent de coûter la vie à ta mère.

Tu regardes ce décor apocalyptique, avec comme un arrêt sur image. Thomas tenant ton père par les épaules. L'ambulance. Les sacs les gyros. Les voitures du LAPD. Le camion des pompiers. Festival de lumières bleues, rouges et orange. Les flammes de l'enfer qui défient les trombes d'eau et les combattants du feu.

Et au fond de ton esprit, il te semble entendre quelque chose.

Une ritournelle ?
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Re: Scène 5 : L'apocalypse de la Bête

Message  Masika le 2016-01-12, 6:43 pm

Tic… Tac…

Je pose un regard froid, détaché, sur cette scène qui ferait passer l’enfer de Dante pour une agréable scénette bucolique. L’incendie sauvage défie les intempéries comme dans une tentative de briser les lois élémentaires de la physique. Mon père ne s’est pas encore effondré, mais ça ne saurait tarder. Thomas et ses yeux pleins d’une supplique muette pour de l’assistance ne ressemble finalement qu’à un élément de ce décor conçu par l’âme torturée de quelque esprit psychotique.

Comment puis-je ressentir du soulagement alors que ma génitrice a trouvé une fin atroce dans ce brûlot ? Pourtant c’est bien cela, je me sens soulagé. Alicia n’est pas morte. Alicia, dernière parcelle d’humanité dans l’univers Matthew Dane. Fil d’Ariane vers une hypothétique rédemption.

Le calme avec lequel je fais l’observation de ce soulagement est peut-être ce qui est le plus effrayant. Les putains de nanos-bidules qui me hantent les veines sont en train de me transformer en une véritable machine. Mon âme a-t-elle déjà déserté mon corps pour trouver refuge ailleurs ? L’incendie qui dévore la demeure des Dane avec un appétit gargantuesque  s’apprête à laisser à l’issue de son festin les cendres de mon enfance et de celui que j’étais. Je le sais. Ce n’est pas grave. J’écris mon chemin de croix, trace ma route vers les frontières de l’âme humaine. J’avance dans la spirale descendante de l’humanité, en direction du néant.

Je fais quelques pas vers Thomas, la dernière once de compassion qui m’habitait s’est évaporée au contact du brasier. Je n’ai pas un regard pour mon père, pas un geste d’attention. S’il avait su s’intéresser à sa femme, elle ne serait sûrement pas dans un sac plastique aujourd’hui.

Mon ton est clinique, directif.

- Thomas, je dois voir le corps. Quelles sont les autres victimes ? dis-je en pointant du menton les autres macchabés qui se sont joints au cortège funèbre maternel.

Autre question, qui fuse instantanément, fruit de l’analyse immédiate de la situation. Le criminel voulait que l’on retrouve la dépouille de ma mère avant que l’incendie n’en finisse avec la villa.

- Vous avez été averti pour l’incendie ? Peut-on retracer l’appel ?


J’adresse enfin un regard au désarroi dont semble victime mon père.

- Conduisez-le ailleurs, ce n’est plus un endroit pour lui. Dis-je en reportant mes yeux vers le brasier.

* Pour toi non plus, matt’*
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Re: Scène 5 : L'apocalypse de la Bête

Message  Faust le 2016-01-17, 8:47 pm

Thomas te regarde sous cette pluie torrentielle dans ce décor apocalyptique. Il fait une pause, et tu sens son air étonné. Presque choqué, en t'observant quelques secondes. Au-delà de la culpabilité, c'est l'interrogation que tu sens dans ses yeux, et tu sens qu'il ne t'a pas encore tout dit. Mais là tout de suite, il semble plus préoccupé par ta réaction. Ou plutôt, par ta non-réaction. Il finit quand même par t'amener devant l'ambulance en montrant l'Agent Rain au passage, qui a l'air d'un autiste :
- «C'est John qui nous a appelé...Je...Je l'avais envoyé ici avec McFly pour vérifier chez toi, comme tu me l'avais demandé...Je...», il hésite avant de faire ouvrir le sac, puis s'approche de toi :«...Écoutes, je n'avais aucune idée que tout ça allait arriver, Matt...Je...J'ai pensé que tu t'étais juste un peu inquiet pour ta sœur, tu sais la drogue et tout son...J'avais aucune idée...Je suis désolé, Matt...Vraiment...».

Le sac noir s'ouvre, dévoilant le visage à moitié calciné de ta mère. Dans ton champs de vision, tu peux percevoir Rain, sous un poncho du LAPD. Tu peux apercevoir rapidement son visage se révulser, avant qu'il ne parte derrière l'ambulance. Tu entends le bruit des hoquets, le crissement des cailloux au travers de la pluie quand il tombe à genoux. Tu peux même déterminer à quelle hauteur est son visage du sol lorsqu'il commence à vomir de longs jets gluants.

Le pire, c'est que tu es capable de faire tout ça tout en regardant le visage à moitié brûlé de ta propre mère, qui se tient là comme un mannequin. Tu sens au fond de toi tes tripes se retourner. Mais quelque chose semble tout filtrer, comme si tu avais pris une drogue qui t'éloignerait de tes émotions. Ton regard est aussi clinique que ton ton. Sans t'en apercevoir réellement, tu ouvres complètement le sac pour voir. Pour apprendre. Pour comprendre. La voix de Thomas n'est qu'une rivière dans une autre rivière dans une autre rivière. Et tu y es presque aussi sourd qu'une pierre :
- «...solé...tre chose qu'il faut que tu sach...». Elle a les mains brûlées, mais tu peux voir qu'elle a été attachée : «...Six hommes...Camionnette bleue...». Tu peux aussi voir qu'elle s'est débattue, et battue d'après la tuméfaction au travers des tissus brûlés. «Rain a tenté....Mc Fly est mort. [silence]». Dans ton champs de vision, Thomas te montre un autre sac. Tu l'ouvres, et regarde le corps de l'officier McFly, criblé de balles. Mitraillettes. Vu le carton, une avec des balles anti-gilet pare balle. Une avec une énorme capacité de munitions et un gros calibre. Tu ouvres les deux autres sacs. Deux autres corps à moitié calcinés. Marcela, votre bonne. Egorgée. Lame large, sûrement un couteau de chasse, dans le genre Bowie. Et Jonas. Votre Majordome. Que tu as connu toute ta vie. Son corps est déchiqueté par les balles, et la moitié de son visage a été emporté par une rafale, probablement a bout portant. Fébrilement, tu reviens sur ta mère, observe son corps, et dans un flash, tout se met en place.

Tout ce que tu as vu en arrivant, même le moindre détail. Et tous les indices conscients ou inconscients se mettent en place pour reconstituer la scène. Ils sont arrivés en camionnette. Six types avec des masques en laine noire, armés de mitraillettes. La voiture de Rain était stationnée là, mais apparemment ça ne les a pas arrêté. Ils ont tué Mc Fly d'une rafale et sont entrés. Jonas a sorti le fusil de chasse de ton père et bloqué les issues. Mais ils avaient déjà pénétré les lieux. Probablement par la fenêtre, vu les bouts de verres sur Jonas. Ils ont tiré sur lui à bout portant. Pas de très très bons tireurs, mais ce n'était pas la peine à cette distance. Ils ont égorgé Marcela, qui a son air surpris figé n'a pas dû les voir arriver. Rain était avec ta soeur. Il a tenté de s'interposer, et à son état il l'a échappé belle de se prendre une balle pour elle. Mais ils ont préféré l'assommer. Ta mère était là aussi. Il l'ont attachée à un des piliers du salon. Elle s'est battue. Ils l'ont frappée jusqu'à ce qu'elle se tienne tranquille. Puis ils ont placé...Des explosifs. Probablement avec du Phosphore et du magnésium. Tu sais, même si tu ne sais plus comment, que ce mélange en fait un feu chimique, instable mais qui s'entretient avec l'eau. Ca expliquerait que le feu ne s'éteigne pas. Et ensuite...Tu trembles. Ils sont partis avec ce qu'ils étaient venus chercher. La voix de Thomas sonne alors comme un couperet «...Ils ont emmené ta sœur, Matt...Je suis désolé.»
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Re: Scène 5 : L'apocalypse de la Bête

Message  Masika le 2016-01-18, 12:07 pm

Hurler. Soulager la haine, la peur, l’incompréhension qui stagnent dans mes tripes. Et pourtant rien. Etouffer dans la nasse mes sentiments. Comme si j’avais déposé un linceul sur eux après leur décès sans bruit. J’enregistre les informations de Thomas tout en détaillant les corps. Ceux de ma mère et de la bonne, calcinés par les feux de l’enfer, ceux de McFly et Jonas, criblés par les balles des kidnappeurs. Car en vérité, et comme je le pressentais depuis le départ, ma sœur était la cible.

Alicia.

Le hurlement se fait plus intense, comme une bête intérieure trop longtemps muselée. *Il faudra encore attendre*

J’en ai maintenant la certitude, je suis le prix de ce jeu cruel. Ma sœur, ma mère, tous ne sont que des pions sur l’échiquier qui doit converger vers ma chute. Car tel est l’enjeu de cette danse macabre. Que Matthew le playboy, le jeune flic qui fait la une des journaux, se brûle les ailes jusqu’à chuter en enfer.

Narcissique comme point de vue ? Sûrement, je l’ai toujours été. C’est sans doute ce qui fait de moi la cible idéale pour l’esprit déglingué qui tire les ficelles.

Enfin je redresse mon visage vers Thomas qui semble en avoir enfin terminé avec sa sombre litanie aux mélopées sinistres. Seul signe de mon émoi intérieur, mes mains qui tremblent imperceptiblement. Je les enfonce dans les poches de mon blouson.

La course est lancée. Si je veux sauver mon âme, cela passe par le salut d’Alicia et de l’être qui se développe dans sa matrice. Ma rédemption.

- L’immat’ ?

L’incompréhension que je lis sur les traits de mon ancien partenaire a le don de me crisper, mais je garde le contrôle, comme toujours maintenant. Je reprends calmement :

- L’immatriculation de la camionnette bleue. On l’a ? Lances toutes les unités nécessaires pour mettre la main dessus. Je veux cette camionnette avant qu’elle ne finisse à brûler dans une ruelle quelconque. Ratisses tout L.A s’il le faut. En commençant par le quartier. Tout le monde a des caméras de sécurité ici, il y en a forcément une qui a chopé des images.

Je continue mécaniquement, déroulant un fil que Thomas paraît avoir du mal à suivre, plus affecté que moi-même par ce qu’il vient d’arriver à ma famille.

- Les explosifs… Sûrement avec du phosphore et du magnésium pour que ça continue à brûler sous ce déluge. On n’en trouve pas à tous les coins de rue. Avec un peu de chance, on doit pouvoir retracer les dernières commandes et d’éventuels acheteurs.

* Vu que ce n’étaient pas des pros, ça ne donnera sûrement rien, mais on peut espérer une erreur du tueur car il réagit au coup par coup à mes propres actions.*

Je continue à tirer sur la bobine du fil :

- Ceux qui ont fait ça ont un modus operandi brutal, peu méticuleux. Je pense qu’ils sont reliés d’une manière ou d’une autre aux mêmes types qui ont opéré au Sun & Sushis. Cherchez de ce côté-là. Essaies de creuser du côté d’un gang ayant des accointances avec la culture nordique, peut-être du nom de Ragnarok.

Je passe ma main dans mes cheveux détrempés, victimes de cette pluie diluvienne. J’aimerai qu’elle puisse laver le fruit de mes pêchés. Je continue de fixer Thomas, pour s’assurer qu’il a enregistré toutes mes demandes, et lâche, avec enfin un soupçon de compassion et d'humanité :

- Fais vite Thom. Les heures d’Alicia sont comptées. Mets le maximum de personnes là-dessus et si ça cale, tu m’appelles, je ferai jouer les huiles. Thom, vous n’êtes plus très nombreux sur qui je peux compter maintenant, fais le max et tiens moi au courant dès que tu as le moindre truc.

Et le deuxième est un petit bridé aussi taré qu’un beat de Tekrok. Je saisis mon portable et compose le numéro de Kato, espérant que ses recherches sur la boîte à musique ont fini par aboutir. Après son débrief, je prends la direction de la voiture dans laquelle s’est réfugié mon père. J’ouvre la portière et m’installe à ses côtés. Je suis à l’image d’une banquise au cœur de l’hiver, glacial.

- Tommy, tu vas tout me dire sur Suresh, cette putain de nano-technologie et ton rôle dans ce qui se passe maintenant.

Je suis moi-même surpris par la suite, tandis que je pose mon flingue sur mes genoux.

- Je te donne une occasion de déballer ton linge sale en famille, Papa. Mais si tu me racontes des cracks ou que tu veux jouer au plus fin, je vais utiliser des moyens qui ne vont pas te plaire pour te faire parler.

Pause. Narcisse, Icare et maintenant Oedipe... Pour un peu je suis bon à réécrire l'Iliade.

- Je suis devenu le monstre que tu as contribué à créer, volontairement ou involontairement, dis-je sur un ton qui ne cache rien de la menace qu’il laisse transparaître. La vie d’Alicia est entre mes mains et je ne te laisserai pas la détruire. Vides ton sac ou je t’obligerai à le faire par la force. Et fais vite.

* J’ai Rendez-vous dans le désert*
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Re: Scène 5 : L'apocalypse de la Bête

Message  Faust le 2016-01-18, 7:47 pm

Tandis que Thomas t'écoutes, les traits de ton ancien partenaire s'assombrissent lorsque tu parles du lien entre ce kidnapping et l'affaire du Sun&Sushi. Accroupi au sec dans l'ambulance, il hoche la tête en te laissant finir ta demande de faire le maximum tandis qu'il sort un calepin miraculeusement sec de la poche de son manteau imperméable bleu sombre du LAPD. Un voile encore plus sombre passe devant son visage pendant qu'il lit, puis il relève la tête et te dévisage :
- « On va tout faire pour ta soeur. J'ai déjà envoyé une demande pour la plaque qu'a noté Rain, mais on a des...Soucis de communication, même la radio marche pas dans ce cauchemar...», dit-il en regardant la pluie torrentielle, obligé de monter le volume de sa voix pour se faire entendre. Son regard marron mouillé descend alors à nouveau sur le calepin avant de remonter vers toi. Sa voix se fait aussi basse que ce que le permet le cyclone : «Puis merde Matt, c'est quoi ce bordel ?..Tu te rappelles des braqueurs du Week-End ? Ceux pour lesquels j'avais cette conférence de presse ?»...Il marque une pause, mais la question est rhétorique : «On a fini par coincer le cerveau de l'opération...Enfin, c'est ce que j'croyais...Le truc, c'est que pendant son interrogatoire, le seul truc qu'il a dit de cohérent, c'est qu'il voulait te parler...A toi...»

Son regard est toujours fixe, comme s'il t'évaluait tout en sortant son portable de son manteau imperméable du LAPD pour te montrer une photo d'un avant-bras :
- «Il avait ce tatouage sur le bras...». Tu reconnais le Soleil Noir. «On a trouvé les mêmes sur les types du Sun&Sushi. Mais sur aucun autre membre des braquages, j'ai vérifié», dit-il avec l'air de l'enquêteur aux abois, tout en reprenant son calepin : «Et comme on lui a dit d'aller se faire mettre, il m'a dit de te transmettre un message de la part de son "Maître"». Il lit alors à voix haute ce qu'il a griffonné : «Dites lui que l'Apocalypse approche, que le Serpent va payer. Le Maître veut qu'il sache...Qu'il sache que tout ça est de la faute du Serpent. Il doit faire vite s'il veut retrouver son âme...Il devra suivre le chemin de Jésus...Luc 4-1...», il arrête sa lecture, ferme le calepin et annonce d'un ton morne : «Après ça il a complètement perdu la boule en répétant Luc 4-1...Il a fallu six mecs pour le clouer au sol...». Il te regarde d'un air presque accusateur, mais sa culpabilité semble vite reprendre le dessus, et il ajoute, presque désespéré : «Bon sang, Matt c'est quoi tout ça ? Une secte ? Le type a plus d'empreintes, il a les cicatrices d'une opération récente du visage, et ce tatouage, et il avait l'air de savoir ce qui allait se passer...Et toi qui me parle de ça, comme par hasard. C'est quoi tout ce merdier, mec ?». Il marque une pause. De ton côté tu analyses sa phrase. Luc 4-1. Une image de toi en train d'aider Anabelle pendant sa thèse de Théologie de fin d'année (même si l'idée que tu avais était nettement moins catholique) et tu lis la ligne en question aussi clairement que si tu l'avais sous les yeux : "Luc 4-1 — Jésus, rempli du Saint Esprit, revint du Jourdain, et il fut conduit par l'Esprit dans le désert".

Le désert. Photo 5609 du dossier de Shawn Parker. Son supposé premier meurtre. Un ancien site dans le désert de Vegas. Suffisamment cryptique pour que seul toi puisse faire le lien.

Voyant qu'il ne te fera pas plier, et sûrement à cause de la situation totalement folle et du service qu'il te doit, Thomas ne cherche pas à en savoir plus, et ajoute juste :
-«On va retrouver ta sœur. Je te tiens au courant dès qu'on a plus de nouvelles...»

Tu constates alors en te dirigeant vers la voiture de ton père que le réseau téléphonique n'est maintenant plus qu'un souvenir, t'empêchant de passer ton coup de fil à Kato.

Puis tu ouvres la portière. Ton Père est en état de choc. Les mains sur la boite à gant, il a l'air totalement ailleurs lorsque tu t'installes à côté de lui et le menace d'un manière limpide, même compte tenu de son air totalement désorienté.

Électrochoc. Son regard reprend vie en fixant les lumières qui clignotent devant vous, et plus loin ta maison qui part en fumée sous une pluie maintenant transverse. Les arbres plient violemment. Et ton Père aussi, tu peux le sentir. Ses épaules s'avachissent, comme s'il était débarrassé de quelque chose qui pesait sur ses épaules depuis longtemps.

Toujours le regard hagard, ses doigts se tordent entre eux. Tu n'as jamais vu ton Père dans cet état. On dirait qu'une vague de culpabilité monstrueuse vient de remonter pour engloutir son visage tout entier. Il se met alors à parler sans te regarder, comme hypnotisé par le spectacle morbide de l'incendie :
- «Au début de ma carrière, avant que je me lance dans le bâtiment, le marché des nanites médicales faisait partie des projets prometteurs. Des millions étaient alloués, des mécènes étaient prêts à donner une fortune pour la recherche...». Il prend un temps, comme si les images lui revenaient : «J'étais jeune. J'avais de l'ambition. Et ta mère...». Il se tait quelques secondes, avant de reprendre : «Un contractant privé m'a contacté. Je pensais qu'il s'agissait d'un service top secret de l'armée. En fait...C'était bien pire.». Encore une pause. «Ils ont injecté des fonds énormes pour nos recherches, en demandant juste une partie des bénéfices et l'exclusivité pour les premiers développements...Et j'ai marché à fond.»

Il fixe la boite à gant, comme si la suite était à l'intérieur, puis finit par reprendre avec une voix un peu tremblante :
- «C'était les débuts de vraies avancées dans ce domaine. Tous les rêves étaient permis. J'ai engagé les meilleurs. Et on a fini par trouver...Un procédé de Nanites intelligents. Révolutionnaires. Miraculeux.». Suivant le fil de ses propres pensées, il enchaîne après une grosse pause, comme si les mots avaient du mal à sortir : «Tu es né avec une grave pathologie, Matt. Un problème cérébral rare. Incurable et inopérable, à l'époque...». Pause. «...Ta mère était désespérée. Moi aussi. Aucun pronostic viable, même les meilleurs spécialistes mondiaux ne te donnaient pas plus de deux ans. Alors...J'ai fais ce que n'importe quel autre père aurait fait...». Son regard se tourne une seconde vers toi. Le regard le plus humain et aimant que ton Père t'ait jamais porté : «J'ai pris soin de ma famille...Et de mon Fils...».

Il détourne le regard, et revient sur l'incendie que les Pompiers combattent encore comme des beaux diables, maintenant avec une sorte de poudre qui sort de leur lances :
- «...Et tu as guéri. Le seul vrai miracle auquel j'ai assisté dans ma vie. Je n'ai jamais autant prié pour remercier Dieu...Comme le Phénix, tu étais né à nouveau de tes cendres...», dit-il comme pris dans une référence qu'il est le seul à comprendre. Sortant de sa torpeur, il continue ses révélations totalement ahurissantes sur un ton neutre et lointain : «Mais les gens derrière ces fonds avaient eux bien d'autres plans. Améliorer l'être humain...Du moins c'est ce qu'ils m'ont dit au début de nos résultats. Sauf que ce n'était qu'une demi-vérité. Des combattants génétiquement modifiés, des nanites-auto régénérantes, des soldats immortels...C'était de ça dont il s'agissait réellement...Et sans le savoir, je leur avais donné une preuve que ça marchait sur l'être humain...». Sa voix se fait lasse, et ses épaules s'affaissent : «Lorsque je me suis aperçu qu'ils avaient ouvert un centre privé clandestin dans un ancien bunker, et que j'ai vu des photos de ce qu'ils faisaient subir a des cobayes humains...Des bébés...J'ai décidé de mettre discrètement et indirectement un terme définitif à leurs activités...».

Son regard semble contempler toute l'horreur de ce souvenir : «...Ces Pauvres enfants. Le commando de mercenaire que j'avais engagé n'a pas réussi à les sauver pendant le sabotage. Ils...Ils sont tous...Morts... Un silence s'installe, mais il finit par reprendre avec difficulté : «L'intérieur du complexe a été détruit. Et j'ai tenté de couper les ponts avec ces "mécènes" en menaçant de les exposer...».

Il suit la courbe de la boite à gant de son index : «Du moins jusqu'à ce qu'ils menacent eux de dévoiler mon implication si je les exposais. J'avais joué toutes mes cartes, et même si on ne pouvait pas remonter jusqu'à moi pour le sabotage de l'installation, ils savaient que j'en étais à l'origine. Et mon nom restait lié à ce projet. Notre nom, Matthew. Je n'ai jamais douté qu'ils puissent s'en prendre à moi. Ou à ma famille...». Le silence de l'habitacle seulement habité par les essuies-glaces maintenant totalement inutiles : «Alors j'ai négocié. Officiellement les projets de Dane en Biotechnologie se sont révélés un gouffre financier désastreux, et je me suis reconverti dans le bâtiment, d'où je suis reparti presque de zéro, avec la moitié de mes chercheurs morts dans "l'incident". Ils ont payé et fait taire les bonnes personnes, et en contrepartie j'ai dû laisser une partie de notre service R&D travailler sur ce qui restait des recherches qui n'avaient pas été détruites cette nuit là. Et malgré mes efforts, je n'ai jamais réussi à me débarrasser de ces sociopathes. Alors j'ai fais de mon mieux pour me convaincre que tout ça n'existait pas...»

Il semble marquer un point final à ses souvenirs en regardant le ciel noir zébré de flammes en guise de conclusion ironique à sa dernière phrase. Quelques instants plus tard, son esprit relie les points et il répond enfin à ta question de départ : «Suresh travaille pour ce département de recherche. C'est un homme à eux. Je n'ai pas pu arrêter ces opérations clandestines que j'ai financé contre mon gré. Mais je les ai faite surveiller du mieux que je pouvais. J'ai stoppé leurs essais sur des embryons de femmes enceintes dès que j'en ai eut vent. Mais le mal était déjà fait. C'est là que j'ai eut une conversation...Houleuse avec leur représentant. J'ai bien cru que cet enfoiré à lunettes allait me tuer sans se poser de questions...Ou pire. Mais il n'a rien fait. Ils ont simplement arrêté...Du moins, c'est ce que je croyais jusqu'ici...», dit-il en te fixant étrangement : «Matthew...Est-ce que tu as ces nanites dans ton organisme ?...Est-ce que le meurtre de Gina a un rapport avec tout ça ?...S'il te plait, expliques-moi ce qu'il se passe...Je pourrais sûrement t'aider. On peut résoudre ça, ...Ensemble.»
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Re: Scène 5 : L'apocalypse de la Bête

Message  Masika le 2016-01-19, 2:02 pm

J’essuie stoïquement le flot d’informations transmis par Thomas. Les pièces du puzzle se mettent en place, le gang du soleil noir, la course-poursuite qui m’a mené jusqu’à Gina, tout ça est programmé et lancé de longue date… Et ma première pensée est qu’il faut des moyens énormes pour parvenir à mettre en branle une mécanique implacable comme celle-ci. Une mécanique qui vise à m’impliquer moi. Pourquoi ?

Pas le temps de m’attarder là-dessus, une nouvelle pièce vient compléter le canevas. Luc 4-1.

Je n’ai aucun mal à associer le verset de la Bible à l’allusion au 5609ème enfer des propos de Shawn Parker. La clef de cette forteresse imprenable semble conduire mes pas vers le premier crime attribué à Parker.

Je préfère ne pas répondre à Thomas lorsqu’il déclare que l’on retrouvera Alicia. Je sais qu’il redoute lui-même que je sois une bombe à retardement qu’il faut désamorcer avant qu’elle ne lui pète dans les mains. Autant que j’explose dans les mains d’un autre.

Et c’est ce que je manque de faire une fois enfermée en compagnie de mon père.

L’uppercut est terrible. Il me fracasse la mâchoire, remue mon cerveau et électrise mes nerfs. Me projette dans les cordes avant que je ne m’effondre sur le sol de la douleur. Knock-Out.

Je suis LE responsable de cette merde.

Et là, durant quelques secondes, je penche dangereusement au-dessus de l’abîme. Le vide m’appelle. Le vide qui s’étend aux frontières de l’âme humaine, là où nous préférons tous détourner le regard pour occulter que cette zone de notre esprit existe. Mais elle est là et je la contemple à présent dans toute sa noire attirance. Mes mains se crispent sur l’arme. Mon père interprète mal ce geste. Cette arme, j’ai juste envie de la pointer sous mon menton et d’appuyer sur la gâchette. De mettre fin à cette douleur, à cet océan de plomb du nom de culpabilité qui pèse désormais de son poids écrasant sur ma conscience.

Envie d’oublier.

De fuir ce monde, d’aller vers cet ailleurs où je ne serai rien. Plus de responsabilité, de douleur et de haine. Rien.

Cet instant fugace, expérience nihiliste ultime, disparaît tandis que mes mains relâchent l’arme sur mes genoux. Je ne peux pas abandonner Alicia. Si je suis le responsable, je ne peux pas la laisser supporter le poids de ma propre responsabilité. Il faut laisser une chance à son enfant d’effacer nos erreurs. Mon regard, perdu dans le vide quelques secondes plus tôt, reprend sa teinte noire et déterminée. Fort de cette conviction qui me portera au moins jusqu’à ce que ce drame trouve sa chute finale.

Je contemple à nouveau mon père. Est-il honnête ? Pour la première fois je le regarde sous un angle nouveau. Je le regarde comme un homme, pas comme un père. Un homme avec des failles, des faiblesses. Un homme qui laisse tomber le masque. J’ai envie de lui demander pourquoi ne m’a-t-il jamais parler de tout ça, mais est-ce que cela importe maintenant ?

Mon cerveau reprend sa marche en avant. L’histoire de Dane senior tient debout, même si elle est particulièrement effrayante dans son élan conspirationniste. Mise en relation avec l’énorme machine de broyage qui s’est mise en route, cela reste cohérent.

- Tu ne m’as pas tout dit. Il reste des zones d’ombre que tu me caches. Le bunker où tu as envoyé tes mercenaires, c’était dans le désert, n’est-ce pas ? Et vous avez fait porter le chapeau à Shawn Parker, dont la femme était l’une des victimes de vos « expériences » ?

D’évidence, la femme de Karl devait également figurer parmi les victimes et lui a complètement pété les plombs jusqu’à tomber sous la coupe du Maître. Le type a lunettes. J’attends que mon père réponde à ma question pour en poser une suivante et valider une autre hypothèse:

- Comment s’appelait le projet ?

* Le Serpent ?*

Dans tous les cas, les révélations de mon père m’amène à mieux comprendre mon implication. Ils n’arrivent pas à reproduire l’expérience qui a été faite sur moi et ils ont besoin d’une clef. Cette clef ils espèrent la trouver dans les gènes d’Alicia. Ou se serve d’elle pour m’attirer jusqu’à eux et chercher dans les miens. Dans le bunker.
Ils ont infecté Karl et Parker, peut-être d’autres aussi, avec les nanites pour prendre le contrôle sur eux.Ca a marché avec Karl, moins bien avec Parker dont la personnalité est plus forte. La boîte en bois du meurtre de Gina visait à réveiller les nanites qui me furent injectés il y a bien longtemps, peut-être dans l’objectif de prendre le contrôle sur moi comme avec Karl.

Mes choix se restreignent à présent. Comme le prophétisait Parker.

Foncer vers le bunker ou essayer de mettre la main sur Suresh ?

Lorsque mon père en a terminé, je le fixe sans que mon expression trahisse le moindre sentiment.

- Descends.

Mon ton ne souffre aucune réplique.

Je range ma quincaillerie dans son holster et pose les mains sur le volant. Profonde inspiration, pour faire le vide. Si le « Maître » veut me rencontrer, je ne le ferai pas attendre. Mais l’issue ne sera peut-être pas ce à quoi il s'attend. Je saisis mon briquet et vérifies qu’il fonctionne. Je sais déjà qu’il y a un bidon d’essence dans le coffre.

Je démarre le moteur. SI j’arrive à joindre Kato, il devra se débrouiller avec Suresh. Mon destin m’attend dans les sables du Mojave.
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Re: Scène 5 : L'apocalypse de la Bête

Message  Faust le 2016-01-19, 4:06 pm

Ton père fronce les sourcils à ton assertion sur Shawn, et te répond d'un ton un peu sec, comme vexé par ta réaction :
- «Ce n'était pas "mes" expériences, Matt. Je n'aurais jamais autorisé une telle chose. Tu dois me croire, au moins là-dessus. Et je n'ai fais porter le chapeau à personne. et encore moins à ce type, si tu parles bien du Parker qui a été accusé de tous ces meurtres il y a deux ans...Le Bunker était abandonné depuis 2006...». Silence. «Parker...».

Il abandonne sa confiance une seconde, et son regard se fait sombre :
- «...Cette affaire m'a intriguée depuis le début. Le site de Vegas, ça ne pouvait pas être une coïncidence...Écoutes, je ne sais pas ce que tu penses. Mais je ne suis pas au courant de tout ce que mes...Collaborateurs font, Matthew...Ce "Lynch" et ses patrons sont des hommes extrêmement dangereux, et leur réseau s'étend au moins sur toute l'Amérique à ce que j'en sais. Si ce Parker fouinait d'anciennes pistes sur le projet qu'ils avaient négligé...Mais c'est peu probable...». Silence de réflexion. «Si ce que tu dis est vrai, et qu'ils ont vraiment fait des expériences sur elle, alors pourquoi le piéger ? Pourquoi ne l'ont-ils pas tout simplement fait taire avant même son procès ?», finit-il en réfléchissant tout haut, avant de conclure : «Je n'en sais pas plus, Matt...Je suis désolé.»

Devant ton silence obstiné à répondre à sa question, il finit par comprendre que tu ne comptes pas lui en dire plus, et que c'est toi qui pose les questions. D'ailleurs, tu profites du silence pour le lancer sur le nom du projet. Il répond distraitement :
- « Notre projet s'appelait Phoenix. Mais Lynch l'a renommé lorsqu'il a commencé à faire des expériences dans mon dos. Ouroboros. C'était le nom de cette monstruosité. Un serpent qui se mordait la queue. L'infini des possibilités de l'être humain, c'est ce qu'il disait en parlant de ça. Évidemment, c'était avant que je m'aperçoive de ce qu'il faisait réellement dans ce bunker. Des nourrissons. Des enfants. Des rats de laboratoires...Il les avait marqué, comme du bétail. De ce qu'ont découvert les mercenaires que j'avais engagé, ils avaient même prévu de les éduquer eux-même, dans un site secret aux États-Unis. Des armes loyales et endoctrinées que les nanites auraient rendu presque parfaits. L'élite de l'Humanité à leur botte. Un véritable cauchemar Nazi...»

Le silence s'installe une seconde. Et tu lui demandes de descendre (si tu veux continuer à discuter, j'éditerais). Et pour la première fois, tu vois ton père désespéré. Mais ton regard et ta résolution sont sans failles. Sa mâchoire se crispe. Tu sens qu'il voudrait te parler, mais qu'il te connait assez bien pour savoir que tu ne l'écoutera pas. Il baisse la tête, et ouvre la portière :
- «J'ai perdu ma femme aujourd'hui. La seule femme qui ait su m'aimer. Ne me force pas à perdre aussi un fils...Je peux t'aider...»
Devant ton absence de réaction (si c'est le cas), il se résout après de longues secondes à fermer la portière. Un dernier regard, et il s'en va vers l'ambulance.

Tandis que tu démarres le moteur pour partir vers ton destin, c'est lui qui te rejoint. Les pneus qui crissent sous la pluie. Une voiture de flic. Kato. Mais ce n'est pas lui que tu vois en premier côté passager. Daphnée.

Sous la capuche du blouson trop large du LAPD, son regard est douloureusement concernée lorsqu'elle ouvre la portière presque avant l'arrêt de la voiture. Elle regarde le spectacle du feu qui finalement commence à s'amenuiser. Mais ce n'est pas ce qu'elle cherche. Elle a un regard circulaire, et ses yeux de lynx trouvent très vite ce qu'elle cherche réellement. Toi. Elle écarquille son regard et s'approche de la voiture, hésitante. Tu sens qu'elle ne sait pas comment aborder ça. Mais elle finit par tapoter à la fenêtre.

Le temps qu'elle fasse ça, c'est Kato qui arrive. Lui est en chemise avec un gilet pare-balle, et il ressemble en moins d'une seconde à un rouleau de printemps détrempé. Son regard se plisse tandis qu'il passe de l'incendie et des lumières à toi. Son regard te fixe alors, comme pour te faire comprendre quelque chose. Une fois n'est pas coutume, tu ne l'as jamais vu aussi sérieux. Tu peux voir son gilet pare-balle, et tu finis par distinguer ce qu'il tient quelque chose dans sa main. Son fusil à  pompe. Il s'avance vers la voiture. Et connaissant ton nem, tu as une petite idée de ce qu'il a en tête. Et pour une fois, tu te dis que lui aussi a une petite idée de ce qui se trame dans la tienne...
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Re: Scène 5 : L'apocalypse de la Bête

Message  Masika le 2016-01-26, 3:29 pm

Mes mains restent crispées un long moment sur le volant au moment de partir, suite aux dernières révélations de mon père. Si sa dernière phrase ne parvient pas à m’émouvoir, j’ai de toute façon du mal à l’imaginer en héros rédempteur qui aurait travaillé dans l’ombre contre un projet finanicer intéressant, ces déclarations font froid dans le dos, car digne des plus grands projets conspirationnistes de l’histoire de l’humanité, qui en compte pourtant de nombreux.

Je dois admettre qu’il marque pourtant un point : j’ai fait une erreur de timing dans mon hypothèse, les dates ne correspondent pas. Si le site a été rasé peu après mes « problèmes » de jeunesse, pourquoi Parker s’est-il retrouvé là-bas près de 23 ans plus tard? Nouvelle zone d’ombre. La deuxième raison de cette pause impromptue dans mes projets pyromanes, c’est que le paternel s’est enfin décidé à lâcher un nom : Lynch. Un pseudo à n’en pas douter, au vu des ramifications de l’organisation à laquelle il appartient si les assertions de mon père sont avérées. Un pseudo reste toujours mieux que rien… Surtout qu’il s’accompagne enfin d’un sens à la thématique récurrente du Serpent. L’Orobouros. Si le nom m’était familier, je n’en connaissais pas le sens, et ce dernier tel que l’exprime le patriarche des Dane contribue à alimenter le froid sibérien qui semble avoir élu domicile dans mes tripes.

Au moment où je me décide à enclencher la première en vue d’un dernier round dans le désert, une voiture de flic vient barrer mon chemin. Kato, évidemment. Et… Daphnée. Pour une raison que je ne m’explique pas, je ressens de la honte à l’égard de mes pensées suicidaires quelques instants plus tôt en l’apercevant. Comme si je lui avais manqué de respect, ou un truc du genre. Presque l’impression d’être un gamin pris en faute. Lorsqu’elle tapote à la fenêtre, je sors de ma tétanie introspective et lui ouvre la porte pour qu’elle puisse s’installer sur le siège passager.

- Je vais finir par croire que vous ne pouvez plus vous passer de moi , docteur…
Nul. Digne de l’humour des premiers James Bond. Même à mes oreilles ça sonne creux.

Je fais une grimace et ajoute rapidement :

- Excusez-moi Daphnée, je crois que je ne suis pas dans mon assiette aujourd’hui.

Pas le temps de la laisser répondre qu’un tank en forme de Nem sauce Tsunami avance lui aussi vers la voiture.

*Pas moyen de pouvoir jouer au héros solitaire aujourd’hui !!!* Mais à vrai dire, je me sens soulagé. Heureux de sentir que des gens s’intéressent à moi pour autre chose que mon image de beau gosse des papiers glacés.

Je vais pour ouvrir la porte arrière de la voiture à Kato, mais celui-ci est déjà rentré. Avec le visage grave d’un mec qui a mangé un nem au poisson périmé.

J’imagine que c’est à moi de lancer la discussion, mais je ne sais pas par où commencer. Alors je déballe tout.

Ou presque.

L’historique de la boîte paternelle, leurs activités de recherche de la « performance » humaine, leurs essais sur des enfants et puis le lien que cela peut créer avec Parker, sa femme et l’enfant qu’elle portait. L’implication du gang des voleurs, le meurtre de Gina que je connaissais et qui devait me conduire sur l’enquête, la mort de ma mère et l’enlèvement de ma sœur, elle aussi enceinte… Je fais en sorte de présenter cela de façon à ce que ça ressemble à une simple vengeance contre la Famille Dane suite à la volonté de se rétracter du projet de mon père. Du moins aux yeux de Kato. Il y a des choses qu’il ne pourrait pas comprendre. Comme mon implication dès mon plus jeune âge suite à une maladie génétique, les nanites qui hantent mon corps et qui me rapprochent de Parker, du tueur qui courre encore les rues de L.A … Mais je lève plusieurs fois un regard coupable vers Daphnée, je la sais trop intelligente pour ne pas faire le lien avec ce que je lui ai déjà dit. Je finis, sans le moindre effet théâtral par un laconique :

- Ces expériences se déroulaient dans le désert, là où Parker est supposé avoir commis son premier crime. Je souffle brièvement. Je dois m’y rendre pour… comprendre. Et espérez sortir ma soeur des griffes de ces types.
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Re: Scène 5 : L'apocalypse de la Bête

Message  Faust le 2016-01-26, 6:59 pm

Effectivement, Daphnée n'a pas de réaction à ta pique, visiblement peu sensible à cette touche humoristique. Après qu'ils soient montés tous les deux dans la voiture (Daphnée à l'avant, Kato derrière), ils ne prononcent pas un mot tandis que tu déballes le récit de tes folles conclusions et de cette théorie faisant passer les plus grands sites de conspirationnistes pour de grands naïfs.

Kato a la mâchoire qui se décroche un peu plus à chaque phrase, même s'il préfère te laisser continuer. Tu vois bien qu'il surchauffe complètement, et il pagaie en essayant comme d'habitude de donner sans succès l'impression qu'il a tout compris à ce que tu lui annonces. Mais tu sens à ses regard lourds de sens qu'il a quand même saisi l'essentiel, et surtout ce qui touchait aux enfants et aux expérimentations illégales. Maintenant, il a l'air en rogne.

Daphnée tantôt écarquille des yeux ronds, tantôt fronce les sourcils d'incrédulité (ou de réflexion, restons optimistes) devant toutes tes révélations tout en serrant un mystérieux dossier qu'elle tient dans les mains, avec un nom dessus : Karl Gunderson.  Mais le plus clair du temps, elle se contente de te fixer discrètement. Et tu sais exactement ce qu'elle fait, pour le faire toi-même constamment ces derniers temps : elle évalue le rythme, ton visage, chaque tic et expression. Elle te passe au détecteur de mensonges. Et visiblement après contre-analyse, tu dirais qu'elle te croit. Ou du moins elle croit que tu es persuadé de dire la vérité. Ce qui n'est pas toujours bon signe pour un Psy.

Un silence presque gêné s'installe alors quelques secondes avec pour seul contestataire la pluie et les essuies-glaces.

Contre toute attente, tu sens que Kato et Daphnée se jaugent du regard. Mais celui-ci tourne alors le regard vers toi. Tu connais ce regard. L'esprit de corps et de sa deuxième famille a visiblement déjà fait prendre une décision à ton asiatique préféré, et il affiche une mine résolue :
- «T'es mon partenaire. Je viens avec toi...Fin de la discussion.», dit-il en serrant le Shotgun, anticipant visiblement un refus de ta part plutôt raisonnable te connaissant.

Daphnée vous regarde alternativement, l'air abasourdie, et sort une de ces tirades impulsives dont elle a le secret :
- «Vous n'êtes pas sérieux tous les deux ?»
Elle te fixe l'air a la fois sérieux et désolé :
- « Pardon. Écoutes, Matthew, je comprends que tu sois inquiet, vraiment. Il y a trop de faits étranges pour que ce ne soit pas lié. Et je comprends que ta sœur compte à tes yeux, et que tu sois prêt à risquer ta vie pour elle. C'est très...Noble de ta part, et je sais que tu es quelqu'un de bien...Mais...», elle marque une pause, puis revient sur toi : « Je te crois...D'accord ? Je te crois. Mais en supposant qu'on interprète bien la situation...vous ne savez même pas qui vous attend là-bas, et c'est visiblement un piège pour que tu les suives...Tu devrais demander du renfort au COPS, et attendre que cette tempête passe...Je t'en prie, réfléchis, Matt...S'il te plait... Je...». Elle a presque les larmes aux yeux tandis qu'elle finit sa phrase dans un murmure. Tu sens qu'elle est sincère. On est plus en mode thérapeute. Tu peux sentir jusqu'à son pouls en accélération et le rouge discret monté soudainement à ses joues. La conclusion est sans appel pour ton nano-cerveau : elle est inquiète parce qu'elle tient à toi, et même Kato -un peu gêné- l'a remarqué. Et visiblement bien plus qu'elle ne le voudrait.

Tandis que tu essaies de te concentrer malgré un mal de tête qui commence à revenir, tes "super-sens" détectent une autre silhouette qui s'approche. Tu reconnais le flic qui vomissait il y a deux minutes. Rain. Et pendant qu'il approche, tes neurones effectuent un grand écart de raisonnement dont tu n'aurais jamais été capable auparavant. Une idée qui te brûle presque les rétines dans son évidence. Il s'approche, tu vois son regard rempli de peur pendant qu'il met le Pistolet à sa ceinture tout en se rapprochant de vous. Mais aussi la haine totale, la colère, une culpabilité qui plane sur ses épaules comme si le monde s'était écroulé autour de lui. Le Flash dans ta tête. Chez Sun&Sushi, puis au commissariat. Pourquoi était-il si prévenant d'un seul coup avec toi ? Pourquoi maintenant ? Et pourquoi a-t-il l'air lui aussi d'avoir perdu un être cher ? Certes, ce qu'il vient de vivre est traumatisant pour n'importe quel flic, et la culpabilité est aussi grande que les conséquences d'un échec dans votre branche. Mais tu sens intuitivement qu'il y a autre chose. Quelque chose de bien plus dramatique. Quelque chose que tu n'avais pas pas vu venir.
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Re: Scène 5 : L'apocalypse de la Bête

Message  Masika le 2016-01-27, 1:47 pm

Je les perds…

Tout au long de mon récital, j’ai le sentiment aigüe que mes deux compagnons ont décroché à partir du moment où j’ai parlé de nano-technologie qui transforme les êtres humains en super-sayans. Est-ce que je peux leur en vouloir ? Pas vraiment pour Kato, j’imagine assez facilement que ce genre de délires doivent l’amuser devant sa console de jeux vidéo, mais pas au-delà. Plus gênant pour Daphnée, car elle me semble être la seule à même de comprendre le piège qui s’est refermé sur moi.

Mais à sa place, est-ce que moi-même j’avalerai un tel paquet d’inepties ? Non, vraisemblablement.

J’en termine. Un ange passe. Mais le genre d’ange qui vient de se faire pécho chez sa copine la succube et qui rentre chez Papa la queue et les ailes entre les jambes.

Mon regard se pose sur le dossier qui repose sur les cuisses de Daphnée. Karl Gunderson. Dérive sur les cuisses. Envie d’elle. Pulsion animale, aussi brutale qu’une combustion spontanée. Envie de me perdre dans sa chair pour oublier. Tout. Ma responsabilité, la menace qui pèse sur ma sœur, la mort de ma mère… Oublier toute cette merde qui vient de s’abattre sur moi.

Interruption salvatrice de mon cerveau-laser : Karl: prénom de mon jumeau ténébreux. Gunderson: nom de l’horloger. TIC-TAC. Ce malade est le fils du défunt horloger... Plausible, et la maison pourrait lui servir de repère. Logique.

Fort heureusement, cet éclair de lucidité de ma nano-cervelle évite de me transformer définitivement en satyre lubrique biclassé psychopathe bipolaire aux yeux de Daphnée.

Mon petit nem courage trouve, grâce lui en soit rendu, le moyen de rompre le silence gêné de l’une ses platitudes dont il a le secret.

Et puis la déferlante Daphnée s’abat, comme si la petite phrase de Kato l’avait débloqué, mais pas de la manière dont je l’attendais. L’ancien Matthew aurait sûrement répondu à sa diatribe par une connerie du style « Dites, Mademoiselle Jones, il me semblait que tous les manuels de psychologie recommandaient d’éviter de tomber amoureuse de son patient ! », mais je me contente de baisser la tête, comme pour accuser un nouveau coup. Encore une personne que je fais souffrir. Je marmonne, presque pour moi-même :

- Je n’ai pas le choix, c’est à cause de moi que tout ceci se passe…

Je redresse finalement la tête, observant la pluie s’écraser avec une force inépuisable contre le pare-brise :

- Qui, en dehors de Kato et de vous, pourrait croire à un truc pareil au COPS. Moi-même, si un autre flic venait me raconter une histoire comme celle-ci, je lui dirai d’arrêter le Quetz et les séries télés…Mais vous avez raison, Daphnée. Le bunker, c’est exactement là qu’ils veulent me conduire. L’enlèvement de ma sœur, Parker, l’enchaînement des faits n’a qu’un but : m'amener dans le désert.

Je marque une pause, brève.

- Mais quel choix ai-je réellement ? Je ne peux pas accepter que ma sœur soit sacrifiée pour moi.
Mon regard croise enfin celui de Daphnée. J’ai vécu comme un égoïste trop longtemps, je ne veux pas finir comme ça.

Oublié mes pulsions sexuelles envers elle, je ressens une attraction bien plus douce, complice. Je prends une profonde inspiration, oubliant presque la présence incongrue du shotgun en forme de sushi sur le siège arrière. La sollicitude de cette femme, et ce que j’y perçois derrière, a quelque chose de rassurant, de réel et concret. Loin des relations factices que j’ai pu entretenir avec mon entourage. Je voudrai pouvoir la prendre dans mes bras, la rassurer tout en me rassurant moi-même, en lui disant que tout irait bien.

Mais ce serait mentir.

Je poursuis, lentement :

- Vous êtes mes deux seuls amis, votre seule présence dans cette voiture le prouve. Je ne peux pas tout vous expliquer, mais… mais je dois le faire.

Je soupire, accablé par le train des conséquences. Je regarde à nouveau le dossier qui repose sur les genoux de Daphnée :

- Karl Gunderson. Fils d’horloger, il a perdu un enfant et est porté disparu. On le soupçonne d’avoir perdu la raison. J ’ai bon ? Nouveau silence. C’est notre tueur, du moins l’exécutant des basses œuvres et…
Je m’interromps en voyant l’agent Rain s’approcher de la voiture. Un éclair, une évidence à côté de laquelle je suis complètement passé à côté, et que j’aurai continué à ignorer sans mes nouvelles capacités cognitives. Rain, Alicia, le bébé.

D’abord une colère puérile : dire que tout le monde au COPS le prend pour un homo pendant que lui se tape ma frangine… Et puis à nouveau mon cerveau analytique. Il est touché, donc attaché à ma sœur. Il peut faire un allié.

- Excusez-moi un instant, dis-je à Daphné et Kato tandis que je sors de la voiture pour faire face à l’agent Rain.

Nous restons ainsi, debout l’un face à l’autre pendant de longues secondes, avec pour seul compagnon le bruit du déluge et l’eau qui ruissèle sur nos manteaux. Je dis enfin, après l’avoir jauger au cours de ce curieux face à face :

- Jusqu’où es-tu prêt à aller ?
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Re: Scène 5 : L'apocalypse de la Bête

Message  Faust le 2016-01-27, 3:31 pm

Pendant que tu confesses ces éléments réels de tes motivations en esquivant prudemment la vérité crue sur tes nanites et l'histoire qui se cache derrière, tu sens que Daphnée passe par plusieurs phase. La peur, d'abord. Puis la résignation. Ton aveux sur le fait que tu les considères comme tes seuls amis fini de les achever, l'un comme l'autre. Et même si Daphnée semble se refermer, tu devines qu'elle s'est en fait isolée pour un temps dans la Tour d'Ivoire de ses pensées. Et à ce que tu a entrevu de cette femme, tu sais qu'elle n'auras pas besoin de tes nanites pour bientôt comprendre qu'il y a des trous dans ton histoire, et relier les points qu'elle a déjà.

Tu dévies sur Karl, et le Dr Jones sort un peu de sa coquille pour cligner des yeux de surprise telle une watson subjuguée devant tes prouesses de déductions. Mais alors qu'elle ouvre la bouche sûrement pour tenter de comprendre comment tu viens de faire ça, tu la coupes pour te diriger droit sur Rain.

Officier John Rain, dit "Le Richard" dans le service du LAPD. Son dossier te revient, ainsi qu'une foule de renseignements : 26 ans. Fils d'un des plus grands magnats de la finance de Californie, Randall Fitzgerald Rain, et de Salma Rain, ex-mannequin internationale et 7ème femme d'un des hommes les plus riches des Etats-Unis avant que ceux-ci ne soient plus qu'un souvenir.

Tu sais qu'il te ressemble beaucoup. Vos cursus sont similaires, ainsi que vos relations pour le moins tendues avec vos pères. Comme toi,il a abandonné une carrière dans la Finance pour devenir simple flic au LAPD. Visiblement, lui n'a pas pu (ou voulu) atteindre le COPS. C'est un très bon élément, mais assez solitaire. Sa réputation doit en fait venir de son premier coéquipier, Rolf "Mister Pink" Liederman, qui lui est un gay parfaitement assumé.

Enfin tu sais que -comme presque tous les flics du LAPD- c'est un grand fan des donuts du camion d'Ernesto à deux pas du Commissariat, qu'il les préfère au Chocolat, qu'il est droitier et qu'il a de très bonnes notes en tir, notamment réflexe. Tu ne sais pas vraiment comment tu sais tout ça. Tu as dû le lire quelque part, le voir à un moment, en discuter ?

Son état actuel est un peu plus préoccupant. Il s'est visiblement fait éclater par les bad guys, et il boitille un peu. Mais finalement il est chanceux. Contusions et hématomes, avec une côte fracturée. Et à sa démarche, il encaisse bien. Tu l'as vu prendre un gun et le mettre à sa ceinture avant que tu ne sortes, et il ne s'en cache pas quand tu arrives. Son regard est vide, avec une lueur de colère déterminée.

Ton approche frontale et ton discours direct le prend malgré tout par surprise. Reprenant malgré tout cet air entre suicidaire et décidé, il annonce en serrant sa mâchoire pourtant sûrement douloureuse :
- «Aussi loin qu'il le faudra...». Il soupèse la suite de sa réponse malgré les cordes qui lui tombent sur le visage, et se contente finalement d'un laconique : «Je ferais tout pour la sauver, elle et le bébé. Et si je dois mourir en le faisant...Ainsi soit-il...», te jetant un regard marron plein d'une fixité que tu ne connais que trop bien. La résolution. Au-delà des frontières de la raison et de l'instinct de survie. Peut-être que Rain n'est pas le plus grand tireur du LAPD ou du COPS. Mais il a l'âme d'un guerrier, et d'un protecteur.
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Re: Scène 5 : L'apocalypse de la Bête

Message  Masika le 2016-01-28, 2:03 pm

J’observe l’agent Rain, John, à travers le rideau de pluie. Une sorte de reflet de moi-même, en moins m’as-tu-vu. Incroyable comme on peut fréquenter des gens sans jamais vraiment s’intéresser à eux ou à leur vie. Je peux maintenant comprendre ce qui a attiré Alicia. Un type aussi déglingué par sa famille de richards qu’elle-même. Le bonhomme est mal en point, mais le feu qui couve dans ses prunelles ne m’est pas étranger.

- Montes, dis-je d’un ton bienveillant.

Retour dans l’habitacle. L’impression d’être passé dans la machine à laver sans démarrer la fonction essoreuse. L’ambiance est humide et la buée ne tarde pas à envahir les vitres tandis que le ciel ne semble pas décidé à nous lâcher la grappe. Le vent souffle jusqu’à faire vibrer la voiture, qui en a déjà bien assez des seaux de flotte qui harcèlent sans relâche sa carrosserie. J’ai envie d’une clope, mais me résigne devant l’assistance non-fumeur. Je glisse un regard à la dérobée en direction de Daphnée, craignant qu’elle ne soit arrivée à combler les trous de mon récit. J’anticipe donc ses objections.

- John Rain. Il travaille au poste avec moi et… et est un proche de ma sœur. On peut compter sur lui, dis-je en guise de présentation. John, tu connais kato et je te présente le Dr Jones qui a travaillé avec nous depuis le début de cette enquête.

Je regarde quelques secondes le pare-brise inondé, pour remettre de l’ordre dans mes idées.

- J’ai une idée assez précise du tueur qui a assassiné Gina et Mia Zhao, mais il y a plus. Tu as dû t’en rendre compte, John, au vu des moyens déployés mais nous soupçonnons qu’une organisation soit derrière le foutoir qui vient d’envahir Los Angeles. Et que cette organisation soit d’une manière ou d’une autre liée à ma famille, plus précisément au business de mon père. L’enlèvement d’Alicia, la mort atroce de ma mère, tout ça n’est pas fortuit et lié à cette organisation. Un tueur isolé n’irait pas s’appuyer sur un gang pour effectuer le carnage qui a eu lieu ici.

Je prends une profonde inspiration pour chasser l’image du visage maternelle calciné qui envahit mon esprit. La migraine recommence à sonner le gong contre les parois de mon cerveau.

- J’ai plusieurs pistes à remonter.  Je pense que le tueur, l’assassin, est le fils d’un horloger du nom de Gunderson. Karl donc, était marié et une femme enceinte. La société, secte ou gouvernement qui se cache derrière ce qu’il se passe aujourd’hui a effectué des tests sur le fœtus de la femme de Karl Gunderson, test qui ont mal fini. Karl a perdu la boule, ses meurtres sont à mon avis une sorte de « remake » de ce qu’il a vécu. Mais je le crois manipulé par une autorité de l’organisation. Ma première piste est donc de remonter jusqu’à la maison de feu l’horloger qui sert ou a servi de QG à Karl depuis.

Nouveau silence, bien conscient que mes trois compagnons attendent la suite, mais je dois faire une énorme effort de concentration pour mettre de côté mon mal de crâne.

- Mia Zhao travaillait pour Pharmacom. C’est la seule victime qui ne m’est…Je me reprends… qui n’est pas rattaché à ma famille à ma connaissance. Son meurtre a donc vraisemblablement un autre mobile. Elle travaillait au service R&D de Pharmacom. Je  soupçonne que ses recherches touchaient d’une manière ou d’une autre à celles de l’organisation qui travaillait avec mon père et que sa disparition arrange leur business. Le principal concurrent de Pharmacom est CaSaPha, ça vaut le coup de jeter un œil à cette dernière.


Je finis par inconsciemment sortir mon paquet de cigarettes et jouer avec une tige pour m’occuper les mains.

- Shawn Parker est lié à cette affaire, d’une manière ou d’un autre. Au moins par le mimétisme du protocole de Karl. Mais je pense que l’engagement de Parker est bien plus profond. Je l’ai rencontré et il m’a fait passer le message de manière codée que les racines de cette affaire se trouvaient dans un bunker du Mojave, là où le premier meurtre qui lui est attribué s'est déroulé. Je pense qu’Alicia est là-bas et j’allais m’y rendre avant que vous ne me retrouviez… dis-je avec un regard coupable coulé vers le Dr Jones. Vous savez tout ou presque. Si vous avez des informations à échanger, c’est le moment.

Je glisse la cigarette entre mes lèvres, cherchant mon briquet dans les poches de mon manteau.

* J’ai mal au crâne putain !!!*
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Re: Scène 5 : L'apocalypse de la Bête

Message  Faust le 2016-01-28, 3:31 pm

Montant à l'arrière, Rain est accueilli par Kato avec un sourire :
- «Hey compadre !...» Un instant où il te regarde, puis Rain, puis toi : «Euh...Qu'est-ce qu'il...». Mais tu es plus rapide en faisant les présentations. Rain se contente de hocher la tête à Kato et à Daphnée qui ne dit rien et semble absorbée dans ses réflexions. Kato trouve quand même le temps de se fendre d'un : «O-kay..................» qui t'indique qu'il a décidé de ne plus chercher plus à comprendre, avant que tu ne commences ta synthèse-briefing autant pour toi que pour Rain et tes deux amis.

Bien évidemment, Rain a bien du mal a digérer tout ça d'une seule traite. Mais tu sens sa résolution quand tu parles du désert Mojave, et il ne pose pas de question, le regard toujours aussi fixe. Il attend poliment que tu aies fini avant d'ajouter avant tout le monde :
- «Si elle est dans le désert, c'est là que je vais...»

Kato cligne des yeux. Deux fois. L'info semble peiner à traverser son cerveau épais, mais un air surpris se dessine finalement sur son visage :
- «Nonnnn...Toi et sa ?...Oh, mec, c'est...Enfin, désolé...».

Rain ne répond rien, et te fixe dans le rétroviseur.

Kato décide comme d'habitude de laisser tomber de façon assez pragmatique, et revient à ses moutons en hochant la tête :
- «Le Kid a raison. Comme disait mon grand-père, chercher les raisons d'un chien qui te mord rend pas la morsure moins violente...», puis s'apercevant que son proverbe est comme d'habitude moins clair que ce qu'il l'imaginait : «...Enfin c'que j'veux dire c'est que les pistes peuvent attendre. Ta sœur non...»

Daphnée tapote nerveusement sur l'accoudoir, et Rain ne dit toujours rien. Kato rajoute alors en réfléchissant :
- «Pendant que t'étais en prison...Enfin à la prison pour tarés, ils ont fait l'autopsie de Mia Zhao. Elle était enceinte...Mais le fœtus a disparu...», dit-il rapidement en changeant de sujet comme si la pensée le mettait mal à l'aise : «Et ton Karl j'ai trouvé des trucs avant que le réseau tombe en panne. Il s'est fait enlevé à New York quand il était gosse. Un kidnappeur et violeur en série. Le...Changeling, je crois. C'est le seul à s'en être sorti vivant. C'est super célèbre comme affaire, il parait...Bref,après ça ils ont déménagé en Californie et ils ont changé de nom, pour ça que j'ai eut du mal à les trouver...Mais ouais, possible qu'il ait pété les plombs après la mort de sa femme, j'sais pas...», dit-il en fermant son analyse sur l'impression qu'il a quand même beaucoup de mal à te suivre, mais qu'il le fait quand même.

Daphnée finit de tapoter sur l'accoudoir et prend la parole d'une voix professionnelle :
- «Je pense que Parker est lié à tout ça. Je pense qu'il a un lien avec le tueur, d'une manière ou d'une autre...C'est lui qui est derrière tout ça...C'est la seule théorie qui ait un sens», dit-elle le regard fermé pour te faire comprendre sans aucun mot à quoi elle pense : «Le profil de ce Gunderson est maniaque, et obsessif. Il a l'air de penser qu'une force supérieure peut ramener son fils. Mais il m'indique aussi que c'est un passif-agressif, un pauvre enfant traumatisé qui a perdu le sien. Je ne sais pas. C'est un rationnel. Je ne dis pas qu'il n'a pas juste pu "craquer"...Mais tout ça n'a pas de sens. Le soleil noir. Le rituel de Parker. Je pense que tout ça vient de lui. Et c'est à l'évidence une mise en scène, une mascarade macabre. Un piège, pour te faire aller là bas...Même si je ne comprend pas la portée de ses actes, c'est forcément mauvais pour toi...». Elle soupire. Résignation. Désespoir ? Elle te regarde : «Je...Je ne sais pas quoi dire d'autre, Matthew. Je comprends pourquoi tu dois le faire. Mais..». Elle ferme les yeux, puis finit par les rouvrir l'air finalement décidée : «Je suis avec toi...»

Kato, avec son tact habituel, vient briser l'instant :
- «Euh, j'veux pas casser votre élan, Miss Jones, vous êtes très courageuse et tout mais...». Daphnée lance du tac au tac, avec une voix lasse : «...Je vous serais aussi utile là-bas qu'un de vos proverbes chinois sur un champs de bataille...J'ai compris l'idée. Et vous avez raison. Je...Je n'ai pas votre entraînement, je serais juste une gêne pour vous...», annonce-t-elle presque dépitée.

Un silence retombe. Brisé par Kato :
- «C'est ta soeur. Qu'est-ce qu'on fait, Partner ?»

A l'extérieur la tempête hurle de plus en plus fort. A l'intérieur, le silence de l'attente. L'attente de trois personnes que rien ne destinait à se rencontrer,  tous emportés par l'attraction presque solaire d'un seul Homme et de sa destinée. L'Homme autour duquel tous les indices ramènent. L'Homme qui sent maintenant le poids des conséquences des choix qu'il va devoir faire dans cette voiture.
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Re: Scène 5 : L'apocalypse de la Bête

Message  Masika le 2016-02-01, 11:33 am

Les jointures de mes doigts en sont rendues blanches à force de serrer le Volant. Envie de hurler à la face du monde qu’Alicia ne mérite pas ça. Que je ne mérite pas ça. Mais qui mériterait une chose pareille ? J’expire longuement, comme pour digérer ces nouvelles informations. Le Changeling. Ca explique en partie cette soumission de Karl Gunderson, son allégeance à un être qu’il estime supérieur. Daphnée est, elle, convaincue de l’implication de Shawn Parker. Reste de mon côté à comprendre le rôle de ce « Lynch ». Pourrait-il être ce Changeling? Ou bien Parker est-il Lynch ? Non, tel que je vois les choses, Lynch a un intérêt économique. Sûrement un malade prêt à tout pour son projet, mais pas un type qui perdrait son temps à lui-même découper en petits morceaux des femmes enceintes pour en extraire des fœtus.

Merde, c’est moi qui vient de dire ce truc comme si de rien n’était. Un frisson court dans mon dos alors que je viens de banaliser un acte aussi barbare.

Le silence dans la voiture finit par me sortir de ma torpeur, sentant le poids de l’attente des trois autres personnes qui en occupent les sièges. J’enclenche la première et entame la manœuvre pour quitter le cimetière des cendres de mon enfance. Lorsque je franchis le portail, j’ai l’impression fugace que les chemins sont multiples mais que mes choix sont restreints.

- Alicia a un peu de temps. Si elle est dans le désert, ils ne l’a tueront pas de suite pour m’appâter. Si elle est avec Karl, le temps qu’il mette son rituel en place, nous pouvons le débusquer. Je dis cela avec une conviction que je ne ressens pas nécessairement. Avant de nous jeter dans la gueule du loup, on fait un crochet par la demeure de l’horloger, le père de Gunderson. Avec un peu de chance, nous y trouverons de précieux indices.

Je lève fugacement les yeux dans le rétro pour voir la réaction de Rain, le plus à même de s’opposer à cette décision, puis enchaîne:

- Daphnée, Kato a raison, vous serez en danger avec nous. Néanmoins, votre capacité d’analyse nous sera sûrement utile là-bas…  La décision vous appartient, et vous n’avez pas à le faire, quoi que vous en pensiez.

Silence, tandis que je me centre de nouveau sur la conduite, essayant de ne pas me focaliser sur la migraine qui tambourine à mes tempes.
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Re: Scène 5 : L'apocalypse de la Bête

Message  Faust le 2016-03-18, 2:32 pm

Silence de l'habitacle seulement habité par le son des trombes d'eau et des essuies-glaces inutiles. Tu n'y vois pas à dix mètres, et "Gina" ne semble pas avoir fini d'exprimer la portée de sa colère. Du haut de la colline tu peux apercevoir en contrebas les arbres arrachés, les panneaux qui s'envolent. Le phénomène climatique est d'une violence jamais vu sur L.A. Décor apocalyptique où se côtoient le feu, l'eau la terre et le ciel dans le silence de la voiture.

Silence brisé comme tu pouvais t'y attendre par le jeune Rain, dont la mine est passée de la surprise à la colère rentrée malgré son état :
- «Ta soeur se fait enlever, elle va se faire tuer, tu sais même pas ce qu'ils lui font...Et c'est ça ton plan ?! Aller visiter l'appart' du Paternel de ce taré ?!...Bordel, c'est tout c'que ça t'fait ?», finit-il en laissant transparaître une fraction de ce que tes sens repèrent comme de la peur, de l'angoisse et surtout une colère matinée d'une volonté farouche.

Il laisse peser sa réponse une seconde, avant de reprendre avec un air dur :
- «Je vais la chercher. Avec ou sans toi. Déposes-moi là...», dit-il en soulevant une arcade éclatée recouverte d'un pansement. Ce que tu vois mais que les autres ne détectent pas, c'est le mouvement discret qu'il a vers son arme.

Kato ne dit rien. C'est Daphnée qui après un autre silence prend la parole d'un ton mesuré :
- «...Je pense que ce qu'il veut dire, c'est qu'il faudrait déjà pouvoir atteindre cette demeure dont tu parles...Matt, regardes autour de toi...», elle désigne à travers le pare-brise le décor totalement irréaliste...Et dangereux «On ne passera jamais...C'est déjà un miracle qu'on soit arrivé avec Kato...». Tu sens le regard un peu réprobateur de Daphnée en regardant ton acolyte asiate, qui soulève les épaules l'air de ne pas comprendre :
- «Hey oh Hey ! On est là, non ?»
Le regard profond de Daphnée revient sur toi pour te scruter quelques secondes :
- «Qui va secourir ta sœur si on meurt ici ?», elle regarde le ciel :  «Je ne suis pas une spécialiste météo, mais je pense qu'il tourne autour de Los Angeles. La voie expresse n'est pas loin et on peut rejoindre la route vers Las Vegas...Ce sera dégagé ensuite...».

Puis miss météo retrouve son ton de Psy, en te regardant fixement :
-«Que comptes-tu trouver chez cet horloger ? Qu'y a-t-il de si important pour que ça vaille la peine de risquer nos vies ?»

Ta nouvelle super-ouïe, elle, a bien entendu le clips de sécurité d'un holster provenant de la position de Rain.
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Re: Scène 5 : L'apocalypse de la Bête

Message  Masika le 2016-03-25, 1:07 pm

Un front d’opposition, rien de très surprenant vu l’angle d’attaque que j’adopte. Plus surprenant, la réaction guerrière de Rain. Perte de lucidité sous la pression, un classique. Sans m’arrêter, c’est d’abord à lui que je m’adresse sur un ton tranquille :

- Tu devrais laisser la quincaillerie là où elle se trouve John. Si tu veux descendre, je te laisse descendre, pas de problèmes. Mais tu devrais réfléchir avec ton cerveau au lieu de le faire avec tes couilles... Tu ne sais pas où Alicia se trouve, tu n’es pas en état d’y aller seul, tu ne sais pas à qui tu as à faire. J’admire ton courage et ta détermination, mais jouer au héros n’aidera pas Alicia. [Test d’Eloquence ou d’Intimidation, c’est toi qui vois ?]

J’ajoute, soudainement glacial, en le fixant fugacement à travers le rétroviseur :

- Et dis encore une fois que je ne suis pas touché par ce qui arrive à ma sœur et je te défonce ta tête de petit con.

Je tourne ensuite mon regard vers les grands yeux de biche de Daphnée. Une biche traquée en cet instant. Je me rends compte qu’en quelques heures, cette femme a pris une place que jamais n’occupera Kim.

- Je peux nous conduire chez l’horloger Crois-moi, je ne dis pas ça pour fanfaronner. Fais-moi confiance, s’il te plaît. Ils ne veulent pas Alicia, c’est juste un outil pour me piéger. Pause pour me focaliser sur un obstacle que Gina met sur ma route, comme un reproche pour son funeste destin. J’ai la certitude que la boutique de l’horloger est la base arrière de Gunderson, et que nous y trouverons forcément des éléments qui nous éviteront de foncer tête baissée dans la toile d’araignée qu’ils ont tendu à notre attention.

Je conclue avec conviction, comme une sorte de mantra autant à l’intention de mes passagers qu’à moi-même :

- Alicia ne risque rien pour le moment, c’est moi qu’ils veulent et sans elle, ils n’ont rien.
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Re: Scène 5 : L'apocalypse de la Bête

Message  Faust le 2016-03-25, 2:24 pm

Rain te jette un regard surpris lorsque tu lui parles de sa quincaillerie :
- «Comm...», mais il ne finit jamais sa phrase, se prenant le Tsunami Rhétorique Dane en guise de seconde douche froide de la matinée, jusqu'au coup d'estoc de ta menace finale, lui montrant que tu es loin de ne rien ressentir, même si toi-même tu te poses des questions quant à l'effet des nanites sur tes émotions.

Silence gêné, Kato surveille la main de Rain en plissant ses yeux en amande, visiblement prêt à réagir. L'expression faciale de John passe de l'incrédulité à la colère, puis à la compréhension. Et finalement...L'abandon par KO de son impulsivité. Il lève la main de son holster, et penche la tête en regardant par la fenêtre, l'air un peu vexé :
- «J'espère que ton plan génial fera pas tuer ta sœur et...», il se tait, affecté, avant de reprendre après une seconde : «...J'en suis...»

Daphnée t'écoute ensuite. Ses yeux de biches sont acérés, et elle ne fait même plus semblant de cacher toute cette matière grise qui se cache derrière. Tu as encore l'impression de passer sous son scalpel visuel. Mais cette fois, elle ferme les yeux, et lorsqu'elle les rouvre, elle hoche la tête et te lance avec un regard déterminé :
- «Tu as peut-être raison. Mais on parle d'un déséquilibré. Psychotique. Avec des hallucinations. Qu'il soit ou pas en cheville avec un groupe ou avec Parker, ce type n'est pas rationnel. Mais...Son profil indique qu'il suit des ordres, et qu'il les suivra tant qu'il croira pouvoir...Accomplir son miracle...», dit-elle d'un souffle grave, avant de reprendre : «Si ce que tu dis est vrai, alors peut-être qu'il a laissé des indices derrière lui chez cet Horloger. Espérons-le en tout cas, sinon on aura perdu un temps peut-être précieux...»

Elle laisse encore le silence de l'habitacle reprendre ses droits, puis annonce laconique en regardant le pare-brise :
- «Je te fais confiance. Je viens avec vous...»

Kato, qui jusqu'ici n'a rien dit, hoche la tête avec un petit sourire dans ton rétroviseur :
- «J'te suis, partner...»

Tu redémarres donc en trombe (...) et prends la route sinueuse de Bel-Air pour retourner exactement là où n'importe quelle personne saine d'esprit n'irait pas. Droit dans l'Enfer d'un cataclysme météorologique qui ferait passer Katrina pour une simple dispute de couple...
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Re: Scène 5 : L'apocalypse de la Bête

Message  Faust le 2016-03-25, 5:56 pm

|◄◄Pendant ce temps-là, quelque part dans un sous-sol obscur, devant la porte de la salle n°5...

Le bruit des chaînes pendant que les deux molosses le traînaient. Le corps de l'ex officier Parker n'était que douleur, mais tandis qu'un des gardes ouvrait la porte, il eut un sourire en regardant le chiffre inscrit dessus de son œil encore valide, et il réussit à glapir à travers le sang et sa mâchoire brisée :
- «Cinq, mon chiffre porte-bonheur...»

La porte s'ouvrit sur une salle presque nue aux allures de salle d'opération. De nombreuses étagères et deux tables roulantes remplies de fournitures médicales, des Scialytiques pour l'éclairage, et une table d'opération avec des sangles en cuir sur les côtés.

Le Docteur Chilton eut un frisson, et s'arrêta devant la porte :
- «Eh bien, je suppose que je peux vous laisser, maintenant...Vous avez le personnel nécessaire pour...Enfin, je pense que vous n'avez plus besoin de moi...»

Le molosse black, un monstre de deux mètres répondant au nom d'Eddy tourna la tête vers le Docteur :
- «Le Boss veut que vous vous occupiez de ça. Il a dit qu'il était temps de vous impliquer un peu plus...Donc vous restez.». Chilton cligna des yeux : «Mmai...M'occuper de quoi ?». Le garde ne répondit rien, mais vérifia d'un regard rempli de menaces sous-entendues si le Docteur ne cherchait pas à s'échapper. Celui-ci commença à pénétrer dans la salle, tandis que la voix de Parker, toujours traîné par les deux gardes, glapissait encore :
- «Allez, v'nez, Chilton...On va jouer au Docteur...Vous verrez, ce sera drôle !». Un coup de poing du partenaire d'Eddy parti dans les côtes de Parker, qui accusa le coup puis se mit à rire en toussant du sang : «Mon pote, tu frappes..Moins fort...Que...Ma grand-mère...». Un autre coup de poing ponctua sa remarque, et il cracha un jet de sang.

Chilton essayait de ne pas regarder. De ne surtout pas se demander ce qu'on allait lui ordonner de faire. Il n'était pas particulièrement sensible, mais il avait déjà vu la cruauté animale de ces hommes en action, et il n'était pas sûr d'arriver à torturer un homme, même un sociopathe tel que Parker. Après tout, il était lâche, mais il n'était pas un monstre !

Parker regarda la pièce, puis s'arrêta tout à coup tandis que Chilton fermait la marche et la porte. Maintenant, se dit-il.

Le visage totalement ravagé de l'ex-cop esquissa alors un sourire approximatif plein d'hémoglobine :
- «Eh, Eddy...Comment va ta mère ? Whitney ? Britney ? Ah, merde, désolé, j'me souviens jamais comment l'appeler quand j'la défonce dans son lit d’Hôpital...»

La réaction fut immédiate. Eddy saisit Parker par la nuque, le souleva presque de terre et le traina violemment jusqu'à la table roulante, lui faisant heurter durement la surface métallique plusieurs fois, avant de le pousser contre la table, puis contre le mur, l'étranglant à moitié. Puis il fixa parker en serrant sa mâchoire de pitbull :
- «Comment tu connais c'nom, merdeux ? COMMENT TU CONNAIS CE NOM !». L'armoire à glace d'ébène frappa durement dans les côtes de son autre main à plusieurs reprises, faisant cracher un filet de bave et de sang à Shawn...Qui se mit à sourire en se penchant un peu :
- «Tu sais c'qu'est marrant, Eddy ?...». Silence. Personne ne bougeait, et le visage d'Eddy était déformé par la rage. Mais le sourire de Parker s'élargit malgré la douleur de sa lèvre totalement éclatée : «Un mec énervé qui te balance, c'est toujours dans le sens opposé de son bras dominant...Et t'es gaucher, mec.». Le molosse black senti une brûlure au niveau de sa cuisse. Baissant les yeux il eut juste le temps de voir le scalpel et de hurler. Parker venait de sectionner son artère fémorale dans un jet de sang rouge vif qui lui gicla au visage. Un autre éclair circulaire et ce fut sa jugulaire qui gicla.

En une fraction de seconde Shawn fit tourner Eddy tout en saisissant son pistolet dans le holster d'aisselle, le dégaina et tira dans la tête de son partenaire, qui explosa dans des morceaux de crânes et de cervelles avant de tomber au sol, inerte.

Le Docteur Chilton était tétanisé, regardant le monstre recouvert de sang qui lui faisait face. Par réflexe il voulu fuir mais le mouvement du pistolet lui fit lever les mains :
- « Pas très poli de vouloir partir avant la fin d'la fête, Docteur...Restez donc un peu, j'vous en prie, asseyez-vous...». Parker lâcha Eddy qui finissait de se vider de son sang par terre avec un gargouilli infâme. Les pas du "prisonnier" était lents et accompagnés du bruit de ses chaînes. Sa tunique orange était maintenant trempée de rouge. Il regardait Chilton avec l'air d'un véritable psychopathe. Le bon Docteur obéit machinalement :
- «C'est bien, Herr Doktor, allongez-vous confortablement...». Le psychiatre s'allongea, mais Parker l'interrompit : «Sur le ventre, Docteur...». Celui-ci fronça les sourcils, mais s'exécuta sous la menace du pistolet que l'ancien flic fit tourner nonchalamment du poignet tout en se penchant sur le cadavre du black.

- «Que...Qu'est-ce que vous allez faire, Parker. Soyez raisonnable, vous ne sortirez jamais d'ici vivant. Laissez-moi vous aider, je pourrais vo...». Parker se redressa avec un paquet de cigarettes et une boite d'allumettes : «Fermes la, Docteur, tu veux bien. Tu es exactement là où tu dois être, et moi aussi...». Silence pesant. «Maintenant attaches-toi gentiment...».

Chilton hésita. Puis il se dit que désobéir à un sociopathe pareil était une mauvaise idée. Au moins là il pouvait continuer à le raisonner. Mais sa mâchoire se décrocha lorsque Parker approcha, et qu'il vit l'impossible : la chair de ce psychopathe bougeait. Toute seule. Son visage était en train de...Se réparer. Sous ses yeux. Le docteur trembla :
- «Vous...Vous...Les nanites...» , dit-il tandis que Shawn profita de son hébétement pour lui accrocher les sangles : «Moi...Moi...Les nanites, bla...Bla...Bla...», répondit-il dans un soupir avec un sourire un peu las. Puis il reprit tout en finissant de serrer les sangles de sa proie :
- «Dix points pour avoir fouillé...Les...Affaires de votre patron. Ca te ferait presque remonter dans mon estime.». Il serra la dernière sangle et Chilton cria de surprise. Parker glissa alors vers son oreille tout en saisissant une cigarette et la boite d'allumettes : «Moins dix points par contre pour l'analyse....Mais bon, ton intelligence de primate ambitieux et lâche est plus à prouver, pas vrai Docteur ?..». Il sorti une allumette en ricanant : «Les nanites...Quelle blague. Les nanites sont une métaphore Docteur...Un déclencheur. Une allumette destinée à...Vous éveiller...», dit-il sur le ton d'un pédagogue, craquant l'allumette dans un nuage de fumée de cigarette. Il soupira de contentement en inhalant cette première bouffée, puis revint sur le Docteur. Son visage était quasiment celui qu'il avait avant de se faire tabasser pendant tout le trajet jusqu'ici. Il fit une moue indécise en s'asseyant sur le bord de la table :
- «Tu sais, Docteur, je crois que quelqu'un a trop regardé le silence des agneaux...J'veux dire...Chilton ? Vraiment ?...Ahah, quelqu'un doit avoir un sacré sens de l'humour, pas vrai ?», dit-il en tournant un sourire un peu sadique vers le Docteur qui eut envie de hurler. Un doigt devant la bouche, il prit la serviette du costume du Docteur et la lui enfonça dans la bouche. Celui-ci se débattit, mais Shawn semblait regarder un point invisible dans le mur : «T'es un pantin, mon pote. Tu crois vraiment avoir une existence ?...Non, t'es juste une petite poupée qu'on agite pour qu'il fasse ce qu'on lui dit. Tu es une marionnette qui n'a pas plus de réalité qu'une étoile dans le Ciel. T'es pas vraiment là, mon pote...Tu penses que tout ce qu'on vit, tout ce que tu vis, fait partie de ce grand truc que tout le monde appelle la vie...Mais c'est faux. Le voile derrière le voile. Et toi, tu prends la tenture pour la réalité.». Se levant d'un bond, il se dirigea vers les tables roulantes en sautillant légèrement : «Mais ne t'inquiètes pas ! Je t'ai trouvé une utilité. Et tu vas avoir la révélation de ta vie, mon ami...».

Chilton hurla et s'époumona au travers de son bâillon. Mais Parker n'y prêtait aucune attention, et revint avec un scalpel et une scie circulaire chirurgicale :
- «Tu vois, avec Dane, on avait un plan. Moi j'suis spécial, comme tu viens de le voir...Mais lui...Wouh...Crois moi ce type connait pas sa chance. C'est la clé de tout ça. Et moi mon rôle, c'est de lui montrer la serrure...Tu m'suis ?», question rhétorique avant de sourire comme un vrai dément : «Bref, on avait un plan. Mais...Mais les choses vont rarement selon le plan, pas vrai ? Et c'est pour ça que je suis là...Donc on a dû passer à un autre plan, parce que Matt...Merde, j'te jure, ce type c'est une vraie tête de con, ils l'ont bien choisi...», il émit un rire bref : «Enfin bon, tout ça pour dire...», il se leva et déchira le costume et la chemise en enfonçant le scalpel juste assez pour dévoiler le dos charnu de Chilton qui hurlait en écarquillant des yeux embués de larme : «...Que maintenant avec ses conneries, il me faut une ancre.». Le Docteur glapit plusieurs fois. Parker plissa les yeux puis un éclair de compréhension se fit sur son visage avant qu'il ne reprenne : «Ouais, une ancre, Docteur. Comme pour les bateaux. Et tu vas être cette ancre. Parce que ce rituel, cette métaphore de pouvoir a besoin de points d'ancrage. Et...Que je t'ai sous la main...». Shawn commença à dessiner une ligne au scalpel suivant la colonne vertébrale de Chilton, qui hurla comme un damné de douleur.

Parker sourit :
- «T'as déjà entendu parler du Blood Eagle ?...Non ? C'est une torture qui se pratiquait du temps des Vikings. Tu vas voir, c'est...Très créatif. Tu sais, Docteur, dans mes rêves je me vois inventer ça. Je suis habillé en Viking comme dans un cosplay. Et j'invente ce truc...Tu penses que c'est grave, Docteur ?». Un sourire sadique mangeait le visage de l'ancien policier du COPS tandis qu'il mit la scie circulaire en marche pour la coller sur la colonne vertébrale de Chilton. Un cri inhumain s'échappa alors de la bouche du Docteur Chilton et se répercuta dans la salle, et jusque dans le couloir sombre du sous-sol.

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